Renaud Duquesne, dans votre lettre ouverte, vous réclamez que les « enfants gâtés du MR cessent leurs querelles personnelles pour se tourner enfin vers les problèmes des citoyens ». Vous craignez du rififi ce samedi à Transinne, lors du congrès libéral présidé par Didier Reynders ?Je ne voudrais pas que ces estivales qui se déroulent en Luxembourg deviennent une nouvelle Bataille de Bastogne. Elles doivent être le signe d'un renouveau du parti. Allons de l'avant et penchons-nous sur les problèmes des gens ! Au lieu de donner le spectacle lamentable de la division, les hommes et les femmes de mon parti doivent revenir aux choses essentielles.Comme quoi par exemple ?On est à la rentrée et par exemple, je n'entends plus rien dire au sujet des aides qu'on pourrait apporter aux parents des zones rurales qui ont un ou plusieurs enfants en kot ? Ne faudrait-il pas aussi réfléchir à la création d'une institution bancaire nationale qui garantirait et protégerait l'épargne de tous ? La crise que nous vivons nous démontre que le privé, s'il a un rôle à jouer, doit être contrôlé.

Le MR a choisi d'organiser son congrès en Luxembourg. C'est pour resserrer les rangs après la défaite de juin dernier ?Le MR a choisi l'Euro Space pour conquérir les étoiles, sans doute. Le MR est conscient des difficultés que nous éprouvons en Luxembourg face à Lutgen ou Courard. Il faut un nouvel élan, un débat d'idées en Luxembourg et je suis sûr qu'on gagnera les prochaines élections.La situation d'un Philippe Collard n'est pas un peu difficile ?Je suis un militant de base et je ne suis pas au Bureau, mais je ne pointerai jamais personne du doigt. Quand on perd, quand on gagne, c'est toujours en équipe.C'est pour cela que dans votre lettre ouverte aux pontes du MR, vous ne dites rien de la responsabilité de Reynders dans cet échec de juin ?Cette lettre, c'est juste le coup de gueule d'un militant qui a en vie qu'on parle de sujets concrets. Je ne pense pas que les résultats du MR aient été si mauvais que cela. Et puis, Didier Reynders a été élu démocratiquement à la présidence, un an avant ces élections. Pourquoi le remettre en cause ?N'aurait-il pas dû démissionner comme l'a fait le président du VLD ?Je ne crois pas. Récemment, il a eu le courage de reconnaître les erreurs qu'il a commises. Chapeau ! Il a dit aussi qu'il était disposé à lâcher un mandat et que si c'était le cas, ce serait le poste de ministre. C'est courageux.Ou c'est bien calculé, sachant que la presse flamande ne cesse de répéter qu'il est le pire ministre des Finances de l'histoire de notre pays...Les éditorialistes flamands ont tort. Didier Reynders a très bien manoeuvré pour sauver les banques. Ce serait plus confortable pour lui de rester au Fédéral. Mais il a un projet pour le MR. J'espère bien que tantôt, à Transinne, les points de vue des militants vont converger au lieu de se séparer.