Dominique Wilkin, vous êtes secrétaire régional à la CSC. L'augmentation des salaires des cinq directeurs de Vivalia de 25 %, ça vous a fait avaler votre café de travers, samedi matin ?Non, dans la mesure où le principe nous en a été présenté le 17 juin dernier au cours d'une grosse négociation avec Vivalia à laquelle nous n'avons obtenu que des broutilles pour le personnel et où il était clair que la priorité de l'autorité était bien d'obtenir un accord sur les salaires des directeurs, Philippe Vincent, Robert De Fays, Michel Binamé, Paul Gérard et Yves Bernard.
Nous avons bien sûr émis notre refus, et ensuite un protocole de désaccord sur ce point ! Sentiez-vous vos interlocuteurs mal à aise au moment de faire passer le point ?Non. Ils s'en moquent. C'est quand même choquant d'entendre que cette augmentation est justifiée par un surcroît de travail, alors que dans le même temps, la charge de travail a atteint son maximum pour tous les services de nos hôpitaux et qu'on n'engage pas !
Attention, je ne remets pas en cause cette surcharge de travail, mais ne pourrait-on pas la répartir plus équitablement entre d'autres personnes, plutôt que de la reporter sur cinq directeurs qui ont déjà en charge leur site ?
Franchement, je m'inquiète un peu. Ils assument déjà un temps-plein alors que leur implication dans Vivalia représente, selon moi, un autre temps-plein. Les directeurs ne dorment-ils donc jamais ? C'est clairement un cumul de mandats. La RGB, ce n'est pas pour les chiens Qui a lancé l'idée de cette augmentation ?Elle vient d'eux, en tout cas de certains d'entre eux. Or je regrette, mais nous sommes dans le secteur public, et il y a des règles. C'est ce qu'on appelle la Révision générale des barèmes (RGB). Dites-moi pourquoi la RGB, on la respecte à la lettre lorsqu'il s'agit des autres catégories de personnel et que lorsqu'il s'agit de la direction, on en fait fi ?
Pourquoi assiste-t-on à de telles dérives dans nos intercommunales ? On a affaire à un non-respect pur et simple de la législation et des dispositions statutaires. Et ça, c'est écoeurant ! Pourquoi alors n'avoir pas réagi plus tôt, n'avoir accordé aucune publicité à cette augmentation dès avant les vacances ?Parce que d'ici fin octobre, nous allons devoir négocier pied à pied avec Vivalia, et d'abord sur une augmentation d'1 % de la rémunération de 3 000 travailleurs, augmentation qui, soit dit en passant, est déjà en vigueur dans l'ensemble des pouvoirs locaux, communes et Province, mais que la direction refuse encore aux travailleurs de Vivalia ! Vivalia qui, visiblement, a mis moins de temps à accorder 25 % d'augmentation à ses directeurs...Deux poids, deux mesures ?Quand on doit se battre pour avoir des bouteilles d'eau pour se désaltérer quand il fait très chaud ou pour obtenir de nouvelles chaussures pour le personnel d'entretien, on peut dire que oui, on en est là. D'ailleurs, l'automne qui s'annonce risque d'être chaud. Nous allons nous battre pour faire baisser l'âge des nominations à Vivalia (fixé jusqu'ici à 59 ans !) ; pour l'harmonisation des statuts financiers, ainsi que l'exige d'ailleurs le CRAC pour la fin de l'année ; pour l'harmonisation de la partie variable comme les prestations irrégulières (ainsi, les heures supplémentaires sont-elles pour l'instant payées, sans supplément, ainsi que le prescrit pourtant la loi) ; etc.Depuis ce week-end (NDLR : et la publication de l'information dans les colonnes de « L'Avenir », samedi matin), les réactions sont nombreuses. Et chez les salariés de Vivalia ?J'en ai reçu, en effet, et certaines vont dans le sens de l'action. Je sens les travailleurs prêts à se mobiliser. Et je suis d'ailleurs prêt, pour la CSC, à couvrir toute réaction du personnel. Dès à présent !