Mercre di, fin de matinée à Loverval, on a frappé les trois coups du dernier acte de la longue vie de Emile Lempereur. Celui qui cumula les multiples fonctions d'instituteur et de journaliste, de poète et d'historien, mais encore de documentaliste et de conférencier vient de cesser toute activité à la veille de ses 100 ans.
Mais c'est aussi et surtout le pèlerin des Arts et des Lettres de Wallonie comme on aimait à le rappeler qui laisse la langue wallonne orpheline.
Qui n'a pas vu le nom de Émile Lempereur apparaître sur tel ou tel programme des cercles théâtraux de chez nous, tant il a écrit, tant il a adapté, tant il a traduit. Il maniait la langue de chez nous avec tant de dextérité et tant de talent qu'il en était devenu la référence, le Grévisse de notre langage.
La langue wallonne carolorégienne comme la langue wallonne sous ses autres multiples facettes se meurt lentement faute d'être pratiquée par les générations nouvelles. Et ce n'est pas les quelques tentatives de sauvegarde qui empêcheront l'inexorable phénomène. Mais avec le décès de Émile Lempereur, c'est presque comme le coup de grâce qui a été donné au parler wallon.
FunéraillesC'est en présence d'amis et de quelques personnalités dont le bourgmestre de Gerpines, Philippe Busine, qu'ont eu lieu les funérailles de ce Grand Wallon avec un office religieux célébré à l'église St Hubert de Loverval. Des amis venus lui rendre un dernier hommage, venus applaudir la dernière sortie de l'artiste.
La langue wallonne a perdu assurément un de ses maîtres.