Le cas n'est pas isolé, mais reste symptomatique. Green Energy 4 Seasons est la société soeur des Vérandas 4 Saisons, elle a été lancée en mars 2008, sur le marché des panneaux photovoltaïques, à Marche-en-Famenne.
Patrick Maniquet, le patron, ne sait plus que faire pour embaucher.
Il cherche désespérément des couvreurs-ardoisiers et des électriciens (huit dans chaque cas, au moins) et des manoeuvres, de quoi constituer quatre nouvelles équipes de monteurs.
Mais il cherche aussi des commerciaux, des collaborateurs pour les achats, le marketing, la comptabilité, l'administratif.
Il a même ouvert un site Internet rien que pour ça (www.ge4s.tv).
Un jeune marché« Depuis des mois, plus de six mois, on pleure après. On essaie d'intégrer des jeunes, on ne trouve pas ! Les grosses sociétés de construction ont terminé leur carnet de commandes en six mois, elles vont apurer. Des sociétés, dans le photovoltaïque, disparaissent déjà. On va pouvoir reprendre du personnel. Mais même des commerciaux expérimentés manquent : il faut dire que c'est un jeune marché. On n'arrête pas de faire des formations. On a acheté des voitures lettrées, décorées, j'en ai cinq qui attendent au garage ! Pour les jeunes qui sortent des écoles, c'est une opportunité. »
Le plan Solwattse termine Il faut dire que le marché du photovoltaïque est en plein boum, parti quasiment de zéro : « Ça explose, plus encore que tout ce qu'on a pu imaginer, constate M. Maniquet. Grâce à la campagne pour le plan Solwatt de la Région wallonne. On n'a rien eu à faire et plein de petites sociétés se sont créées. Le problème, c'est que le matériel est très coûteux. Il faut des capitaux solides. Nous sommes à 880 000 € de capital libéré sur un total qui pourra monter jusque 2,5 millions. »
À la moitié de l'objectifSi le groupe Maniquet a renoncé à une entrée en Bourse en mars 2007, le patron ne regrette pas : « Les marchés étaient instables, on a évité un échec et on a misé sur le photovoltaïque. On a ouvert trois autres show rooms. Le marché reste porteur, même si la crise est quand même là. Le Fédéral a décidé d'une nouvelle aide, cela va nous apporter une nouvelle tranche de clients. En revanche, il ne faut pas traîner car le plan wallon Solwatt sera fini fin d'année, les budgets s'épuisent, et on ne sait pas ce que le nouveau gouvernement va décider. En ce qui nous concerne, notre objectif est d'atteindre une centaine de personnes, mais nous plafonnons à cinquante. » E. Lk.