L'Assessois Marc-Antoine Jacquet disputera la semaine prochaine les championnats du monde d'attelage avec son nouveau poney.
La carrière sportive du jeune maréchal-ferrant de Courrière, Marc-Antoine Jacquet, n'a pas toujours été un long fleuve tranquille. Alors quand il décroche sa sélection dans l'équipe nationale belge pour les championnats du monde d'attelage, qui auront lieu la semaine prochaine à Grewen (All), c'est une sorte de soulagement. « D'autant que ma saison ne s'annonçait pas simple, analyse-t-il, en pleine préparation pour ces mondiaux. J'ai en effet changé de poney il y a huit mois, un délai très court pour préparer un cheval pour un rendez-vous de telle importance. Ma jument Isis de la Tuwaire à la retraite, je devais réussir le défi de former de A à Z un hongre de dix ans, Dynod Jack, dans un laps de temps suffisamment court pour décrocher cette sélection. Quand on sait que ce poney de dix ans (leur maturité est atteinte à douze ans) n'avait jamais fait de compétition, le défi était de taille ».
SacrificesPari réussi pour « Marcus », comme le surnomment ses proches. Il remporte le concours international de Saumur (Fra) et s'impose au concours national de Peer (Limbourg), devenant par la sorte incontournable aux yeux du sélectionneur fédéral. « Cela n'a pas été sans quelques sacrifices, car même si je pratique l'attelage depuis des années, il a fallu mettre les bouchées doubles pour former le poney. Et mon entraîneur, André Wynand, avec qui je travaille depuis trois ans, ne m'a pas laissé le choix pour y arriver. Bien souvent, mes journées débutaient à 5 heures du matin pour rejoindre Sprimont, où je m'entraîne avec le poney, avant de partir au travail chez mes clients. Pour y revenir le soir et une nouvelle séance de dressage. » L'attelage étant un sport équestre qui se décline en trois épreuves (le dressage, la maniabilité et le marathon), il faut exceller dans chacun de ces registres si on veut séduire les juges lors des différents concours. « Heureusement, avec Dynod Jack, j'ai tiré un bon numéro. Il faut dire aussi qu'un hongre est beaucoup plus constant qu'une jument, d'un jour à l'autre. »
Il est prêtL'heure est maintenant venue pour l'équipage namurois. Celui-ci est formé aussi de deux « grooms », Vincent Rossignon et Céline Chaidron, qui se succéderont à l'arrière du meneur, au fil des épreuves, pour l'aider à réussir l'exploit de taquiner les meilleurs mondiaux. « On peut dire d'emblée que les Allemands, qui seront chez eux et très nombreux, et les Hollandais - sans doute les plus costauds - paraissent déjà imbattables pour l'équipe belge présente sur place. Mais je pense néanmoins qu'on peut espérer atteindre la médaille de bronze par équipes. D'un point de vue personnel, le Top 5 au classement individuel est mon objectif. C'est peut-être ambitieux pour un premier Mondial, mais je suis motivé comme jamais par ce rendez-vous. » Les derniers concours auxquels Marc-Antoine Jacquet et Dynod Jack ont participé étaient d'ailleurs exclusivement réservés à certains « réglages », sous l'oeil avisé d'André Wynand. « J'y ai clairement visé une épreuve plutôt qu'une autre afin de m'y perfectionner, plutôt que viser le classement général », conclut le meneur assessois, qui se dit prêt pour ce championnat.