Le challenge proposé ? Mettre en place, en 2 mois d'atelier, de travail en cercle et de recherche de terrain, un plan d'action en vue de concrétiser un projet, une affaire, un rêve d'indépendance. 150 femmes ont, à ce jour, tenté l'expérience. Les dernières d'entre elles viennent de terminer leur programme en juillet. Elles sont treize, prêtes à se jeter à l'eau ou presque.

Toutes sont suivies par l'ASBL « Crédal ». Au départ, « Crédal » est une coopérative de crédit alternatif. Depuis 4 ans, l'ASBL a aussi lancé un programme de formation et d'accompagnement à destination exclusivement des femmes créatrices demandeuses d'emploi. Une méthode inédite.

« Toutes les études sur l'entreprenariat montrent que le désir est autant présent chez les hommes que chez les femmes, explique Marie Ledent, coordinatrice du programme affaires de femmes, femmes d'affaires. Mais 30 % seulement des femmes sont indépendantes. La faute sans doute à la parentalité et aux tâches ménagères qui continuent à leur revenir ». Les femmes sont trop souvent mal à l'aise avec l'argent. « Elles ont du mal à demander le prix des choses ou à réclamer un dû. Les femmes entrepreneuses gagnent d'ailleurs souvent moins bien leur vie que les hommes », fait remarquer Marie Ledent. C'est pour cette raison que le Crédal a décidé de mettre sur pied ce programme. Qui est à la fois très classique (faire une étude de marché, apprendre à tenir une comptabilité...) et très spécifique (ambition, apprendre une négociation commerciale, concilier vie privée et professionnelle...)« 30 à 40 % des personnes qui passent par notre formation trouvent un emploi au bout du compte, estime Marie Ledent. 20 à 25 % seront indépendantes. 10 à 15 % seront salariées. » En réalité, les femmes choisissent souvent d'être indépendantes à titre complémentaires. Et la plupart de leurs projets tournent autour des titre-services, de l'artisanat et du petit commerce de proximité. Beaucoup ont des projets où la dimension humaine, sociale et écologique est très forte. Le profit n'est pas le premier critère d'une femme qui veut entreprendre. C'est un atout mais aussi une faiblesse. C'est pour cette raison que ces formations entre femmes ont un intérêt.

Quatorze sessions ont déjà été organisées. Elles sont toutes gratuites. « Les femmes qui se présentent chez nous sont sans emploi et majoritairement chômeuses complètes indemnisées. Elles ont souvent entre 30 et 40 ans », précise encore Marie Ledent. Toutes ne parviendront pas à monter leur affaire. Mais elles ressortiront avec un bagage neuf, une réflexion sur leurs compétences. La formation comprend quatorze journées d'atelier, six heures d'entretien individuel. Le reste est consacré à des missions où elles doivent aller chercher de l'information pour leur étude de marché.

Ce programme n'est qu'une goutte d'eau dans la crise. Mais elle permet à des femmes qui en ont besoin de sortir la tête de l'eau. Nous avons rencontré trois aventurières de ce projet. Elles ont toutes en commun de faire un très joli pied de nez à la crise.

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