C'est un peu la récré pour l'instant au Parlement de la Communauté.
(photo Belga)
Pour les chefs de groupes de l'Olivier, le menu proposé par le gouvernement de la Communauté est "enthousiasmant". Le Parlement de la Communauté française accorde donc sa confiance à l'équipe Demotte II.
Pour Léon Walry (PS), le menu proposé par le gouvernement de la Communauté est "enthousiasmant", pour Marcel Cheron (Ecolo), la déclaration de politique communautaire dégage un socle commun de synergies entre Communauté et Régions, pour Dimitri Fourny (cdH), elle permettra notamment de renforcer l'autonomie d'action des écoles de la Communauté et de les doter d'un pouvoir organisateur qui ne sera plus le ministre lui-même.
Après avoir entendu les critiques de l'opposition réformatrice, les chefs de groupe de la majorité du parlement de la Communauté française ont mis tour à tour en lumière différents aspects de l'accord de majorité de l'Olivier, en se félicitant régulièrement des nouvelles synergies mises en place.
Appui de la Région wallonne
M. Walry a averti que son groupe restera attentif aux mesures qui seront prises en matière de mixité dans l'enseignement et s'est félicité de la volonté de rendre une place centrale au parlement.
M. Cheron a reconnu que sans l'appui de la Région wallonne, la situation financière de la Communauté deviendrait intenable. Il a averti que la discussion à mener avec les autres entités et le fédéral sur la trajectoire budgétaire sera essentielle pour que la Communauté puisse mener des politiques actives.
M. Fourny a insisté sur les mesures qui doivent assurer la bonne gouvernance. Il a appelé la ministre de l'Enseignement obligatoire à faire en sorte que d'ici la rentrée scolaire, aucun élève du secondaire ne reste sur le carreau.
"Opposition sourcilleuse" du MR
Parmi les autres intervenants, Hervé Jamar (MR) s'est inquiété du sort d'un partenariat public-privé qui n'a guère avancé, qui s'est considérablement dégonflé depuis son annonce en 2005, qui représente des dépenses de plus d'un milliard en 25 ans, hors intervention des réseaux, et qui ne permettra de poser aucune brique avant des années. "Vous avez tous les chiffres. Il faut atterrir: abandonner le plan ou lui donner une nouvelle vie", a-t-il lancé à l'adresse du gouvernement.
Dans un débat jusque là fort calme, un autre député réformateur, Richard Miller, a apporté quelque animation en annonçant qu'il mènerait une opposition sourcilleuse envers Ecolo, pour vérifier s'il tenait ses promesses de changement et de progrès, alors même que son poids politique lui permettra d'influer sur la politique communautaire.
S'adressant plus particulièrement à Marcel Cheron, il a dit sa déception du choix fait par les Verts de ne pas faire un bout de chemin avec le MR pour apporter le changement. Il leur a reproché de préférer les formules toutes faites de la déclaration gouvernementale et le "continuer comme avant" annoncé par M. Walry. Et M. Miller d'encore reprocher au chef de groupe Ecolo d'avoir choisi le maintien du cloisonnement des cours de morale et de religion à l'introduction d'un cours de philosophie pour tous.
Prudence budgétaire
Le ministre-président Rudy Demotte a défendu la prudence budgétaire du gouvernement. Face à la situation actuelle, il ne serait pas prudent de s'engager dans un débat budgétaire. Le gouvernement fédéral et en train de décider de sa méthodologie budgétaire, après quoi la Communauté, qui n'a pas intérêt à paraître laxiste face aux autres entités, devra calquer son rythme budgétaire sur celui décidé au fédéral, a-t-il dit.
Pour les prochaines années, la Communauté ne pourra pas entrer dans des scénarios de promesses. Nous n'avons pas présenté de tableau chiffré parce que nous ne pouvons pas le faire dans la situation actuelle, a conclu M. Demotte.
L'assemblée a ensuite marqué son soutien au gouvernement, majorité PS-Ecolo-cdH contre opposition MR.
Belga