Bienvenue au dîner de cons wallon. Il s'agit d'éplucher les finances de la Région entre gens de la future-pro bable coalition de centre-gauche PS-cdH-Ecolo (alias l'Olivier). Les chiffres vérité du budget wallon étaient promis pour mardi dernier. Chaque jour, les négociateurs reportent, avec des airs de plus en plus embarrassés. On nous les annonce pour mardi prochain. Panique à bord. Que se passe-t-il ? 1. Daerden fait le malin « Ça fait une semaine que papa Daerden est assis sur les données budgétaires. Et il ne veut pas qu'on touche à ses bricolages », s'énerve un proche des négociateurs. Le ministre du budget socialiste, Michel Daerden, aurait entamé un bras de fer sans précédent, du genre : « Je donne les chiffres, vous me donnez le poste de ministre » . Un rapport de force qui commence à agacer chez Écolo. « Mais Daerden est le seul à vraiment tout savoir des finances wallonnes. On le sait. Donc il faut de toute façon lui faire sortir tous les détails pour pouvoir lui trouver un successeur », analyse un observateur.

2. Ecolo fait le chipoteur CdH et PS reconnaissent à Écolo le droit de demander le détail. C'est logique. Les verts n'étaient pas au pouvoir les cinq dernières années. « Écolo pose beaucoup de questions. Ils veulent tout vérifier. Ça prend du temps », explique la porte-parole d'Elio Di Rupo (PS). Il existe, en réalité, une véritable guerre des chiffres entre l'argentier Daerden et l'écolo Wesphael. Ce dernier n'a cessé pendant la dernière législature de dénoncer la dette cachée et les artifices budgétaires épouvantables. On ne réconcilie pas de tels points de vue divergents en trois petits coups de négos.

3. La Flandre se tient en embuscade L'accord de coopération sur les trajectoires budgétaires des différents niveaux de pouvoir dans les 5 années à venir doit être renégocié. La Flandre traîne à le renouveler car elle aurait une stratégie d'assèchement des finances.

En gros, la Flandre attendrait que les francophones soient à nouveau dans la dèche totale pour sortir leur calculette. C'est ce que craignent les francophones. Les négociateurs voudraient y voir plus clair dans la stratégie du fédéral. Le principe serait que l'effort des régions pour faire revenir les finances à l'équilibre en 2015 doit être proportionnel à ce qu'elles ont dépensé.

4. La crainte d'une tuile avec la Sofico L'Europe pourrait avoir la Sofico dans le collimateur. Un véritable cauchemar pour les gestionnaires wallons. La « Société wallonne de financement complémentaire des infrastructures » est constituée d'un partenariat public/privé.

Un montage sur lequel l'Europe devrait demander des éclaircissement, suite à un cas similaire qu'elle a détecté à Anvers. L'Europe estime que ce genre de partenariat relève de l'artifice parce que le public y mène la danse, le privé n'ayant pas de réelle liberté de mouvement. Si la Sofico était dénoncée, il faudrait ramener les dépenses de cette dernière dans le budget global de la région walonne. Un paquet de tuiles, en somme. Aie.

5. Et paf, le retour des taxes Il faut retrouver de l'argent. On parle pour l'heure de petites choses désagréables. La redevance télévision devait être supprimée progressivement pour 2013 mais ne le serait finalement pas. Ils lorgnent aussi sur la taxe auto-radios. Quelque 70 millions seraient en jeu à travers ces deux taxes. On parle aussi de revenir sur la gratuité dans les bus et de taxer les voitures de société. Et ce n'est qu'un début.

Patiner sur le budget, c'est aussi une manière de préparer la population à ces retours de manivelles. Et puis, chaque parti tente de se garder une petite promesse à faire valoir auprès de ses électeurs. Trois partis autour de la table. Un rond de cuir à se partager. Qui sera le con du dîner budgétaire ?