La petite rue Robert Willame domine la vallée d'Auderghem, aujourd'hui hyper-urbanisée. Lorsqu'en 1913, l'architecte Henri Jacobs y bâtit le Centre scolaire du Souverain, son décor était encore rural. La taille du bâtiment et sa localisation décidèrent l'occupant allemand à y installer un poste de commandement durant la seconde guerre mondiale, rappelle également Didier Algave. Mais c'est sur une histoire plus récente que nous nous pencherons avec le directeur de l'école communale. Une thistoire qui débute au début des années 90 et qui fait encore le succès de l'établissement auderghemois. A l'époque, l'Ecole du cirque de Bruxelles cherchait de nouveaux locaux. « C'est le bourgmestre Didier Gosuin qui a eu l'idée de leur proposer d'occuper une partie du préau de l'école », précise Didier Aglave. En contrepartie, nos élèves pourraient bénéficier d'un demi-horaire de cirque en primaire comme en maternelle ». Tant la commune que la direction de l'école furent séduites par cette idée. Au contraire de beaucoup de parents. « Nous avons eu beaucoup de réactions négatives, poursuit le directeur. Des parents qui ne voulaient pas que leurs enfants deviennent des clowns ou côtoient des animaux de cirque. Bref, tous les stéréotypes liés aux cirques ». Lorsque la formule a démarré, à la rentrée de septembre 1993, le Centre scolaire du Souverain avait perdu 50% de ses élèves. « Il me restait 39 élèves en primaire et 25 en maternelle », raconte Didier Aglave. Une véritable catastrophe qui, pourtant, ne fit pas plier la volonté de l'école et du pouvoir organisateur. Les ateliers de cirque étaient bel et bien inscrits à l'horaire de l'école, avec l'appui logistique de l'Ecole supérieures des arts du cirque qui avait pris ses quartiers à Auderghem.
« Le premier spectacle fut un vrai succès, poursuit le directeur. A tel point que les élèves avaient attrapé la grosse tête. D'année en année, le projet ne fit que grossir en même temps que la population de l'école. Beaucoup de parents issus du milieu artistique ou audiovisuel venaient inscrire leurs enfants et bientôt les habitants du quartier sont aussi revenus vers nous. »
Depuis lors, chaque année, les élèves de cinquième et sixième montent sur la piste pour proposer un spectacle qui aura mobiliser tous les élèves de l'école. Plaisir, expression, créativité, activité physique, mobilisation autour d'un projet commun, victoire sur sa timidité: les bagages qu'offre la formule cirquétudes. Plus personne n'en doute aujourd'hui.