«Fleur de lisier, parfum de Grune », « Fais du bien à un cochon, il chiera sur ton perron », « Un pet d'avance, prout », « La peste porcine est à vos portes », « Engraissé, ça nous donnera du lisier ». Rejoints par d'autres citoyens de l'entité de Nassogne entre autres - on dénombrait environ 150 manifestants - les habitants de Grune ont sorti leurs calicots et leurs masques et grouins de cochons sur le perron de l'administration communale, hier en début de soirée.
Et ce afin de marquer leur opposition à un projet de porcherie d'engraissement sur caillebotis dans leur village, mais aussi à ce type d'élevage en règle générale. « Ce projet ne s'inscrit pas dans une agriculture durable, avance Quentin Dekimp, Grunois et porte-parole du comité d'opposition Grune-Nassogne. On se lance en Région wallonne dans une agriculture intensive, qui va produire de la viande. C'est une absurdité, parce qu'on consomme déjà beaucoup trop de viande, par rapport à ce que le corps humain devrait consommer. De nombreuses études le démontrent, à l'image d'une étude de l'OMS, l'Organisation mondiale de la santé. »
« Déjà 9 000 porcs et 25 000 poulets dans la commune »Et Quentin Dekimp d'insister. « On pourrait croire que nous ne sommes ici que pour marquer notre désaccord avec le projet de Grune, mais nous nous opposons à ce genre d'agriculture en règle générale. » Également membre du comité d'opposition, Marc Cimino ajoute : « Les habitants de la commune de Nassogne supportent déjà trois porcheries d'élevage intensif à Harsin, ce qui représente environ 9 000 porcs par an, ainsi qu'un élevage de 25 000 poulets entre Harsin et Ambly ».
En qui concerne Grune, une demande de permis unique a été introduite à la Région wallonne en novembre 2007 par un dénommé Grégory Henrotin, domicilié à Grune, pour la construction d'une porcherie d'élevage intensif de 1 547 porcs à l'engraissement. Après le non de la commune de Nassogne, sur base d'un avis défavorable émis par la Région, le demandeur a réitéré sa demande. Et ce en raison de lacunes dans son dossier, en l'occurrence surtout un taux de liaison au sol global largement supérieur à 100 %. Dans la foulée, la Région a cette fois émis un avis favorable, à certaines conditions. Mais le collège nassognard, pour sa part, a ensuite marqué son refus.
Que décidera le ministre ?À la suite de cette décision, le demandeur a alors introduit un recours directement auprès du ministre Antoine. À dater de la réception du recours, le ministre Antoine a désormais 70 jours pour accorder ou refuser d'accorder le permis à Grégory Henrotin. Après quoi en fonction de la décision, le demandeur ou les riverains pourraient très bien poursuivre leur combat devant le Conseil d'état.
Verra bien qui grognera le dernier.