En France, la LCR s'est muée en NPA, Nouveau parti anticapitaliste. Le NPA s'efforce de fédérer au maximum les énergies qui militent « à gauche de la gauche ». Chez nous, les forces d'extrême-gauche demeurent assez émiettées entre le PC et sa plate-forme GE « gauche européenne », le parti du travail de Belgique (PTB), la ligue communiste révolutionnaire (LCR), le parti socialiste de lutte (PSL), le parti humaniste (PH)... liste non exhaustive. Des rapprochements ont été tentés entre ces différents partis anticapitalistes : certains ont abouti, d'autres pas. Ainsi à Bruxelles, il y aura, aux régionales une liste PC-LCR-PSL-PH (mais pas -PTB).
En ce qui concerne les européennes, la LCR et le PSL forment un cartel plus restreint. Mais avec une ombre tutélaire de premier choix, celle du Français Olivier Besancenot.
Lille-TournaiL'historien-postier incarne, bien au-delà de l'Hexagone, la nouvelle gauche sans concession. Il a profité de son meeting de soirée à Lille (NDLR. la France métropolitaine compte sept circonscriptions aux Européennes) pour consacrer son après-midi à la cause « de ses frères, ses cousins, ses camarades de Belgique ». Le plus simple était donc d'organiser la présentation de la liste LCR-PSL à Tournai.
À dire vrai, Céline Caudron (LCR), tête de liste aux Européennes, et Nicolas Croes (PSL) premier suppléant sur la liste exclusivement PSL à Liège (NDLR. rien n'est simple) n'ont besoin de personne pour exposer leur programme commun. Conviction, force de persuasion, enthousiame, jeunesse, sympathie : tout y est. Bien sûr, les propos remettent en cause la totalité du système capitaliste. Et les divers partis qui s'efforcent d'en moduler les effets se trompent, estiment-ils. Le PS n'est plus un parti ouvrier, Écolo intègre le discours dominant et parle de relance du capitalisme par la filière verte...
Reste le PC avec qui des contacts ont été noués. Infructueux au niveau européen.
Ce genre de désagrément, Olivier Besancenot l'a déjà rencontré sous d'autres cieux : « C'est une question de tactique. Nous n'avons pas d'ennemis parmi les anticapitalistes. Mais nous pouvons avoir des options différentes. Les uns estimeront que l'on peut peser sur le système de l'intérieur. Nous, que c'est peine perdue, et que le système doit être combattu (de l'extérieur). Mais nous tendons une main fraternelle à tous les anticapitalistes. » À la question de savoir si la crise avait été favorable aux formations de gauche, il répond : « La crise ne nous réjouit absolument pas. Cela aurait pu être le cas, si les capitalistes payaient la crise, mais vous savez que c'est vous, moi, qui la payons, avec nos portefeuilles. Plus que jamais, chacun peut prendre conscience que le système actuel veut la socialisation des pertes et la privatisation des profits. C'en est à un point caricatural. Lorsque nous exigions l'intrusion de la force publique dans l'économie privée, donc les banques, c'était un tabou. Mais ces mêmes banques s'accommodent très bien aujourd'hui de la bouée de sauvetage et même du puits sans fond que constituent les apports des pouvoirs publics... »