On sait pourquoi le comité d'audit du PS a classé sans suite le dossier Donfut: Jean-François Cats, son président - le Monsieur propre du PS - bossait aussi et bosse toujours pour... l'Intercommunale gazière du Hainaut, pour qui travaille également la boîte de consultance de Didier Donfut.
Dans cette histoire, les responsabilités qui ont mené une fois de plus le PS à la cata sont multiples.
1. Le comité d'audit du PS Didier Donfut a été entendu il y a 15 jours par le comité d'audit du PS dans le cadre de cette affaire. Ses mandats et activités ont été « screenés » par Jean-François Cats, le Monsieur propre du boulevard de l'Empereur. Qui n'a rien trouvé à redire. Motif : la fonction de ministre wallon de l'Action sociale n'entre pas en conflit d'intérêt avec son boulot de consultant. L'affaire était donc classée.
Aujourd'hui, on comprend peut-être mieux pourquoi : Jean-François Cats est aussi associé gérant de TCLM, société de révisorat d'entreprises... qui bosse - tout comme... Donfut - pour l'Intercommunale Gazière du Hainaut !
Il paraît que Donfut n'a jamais dit au comité d'audit qu'il touchait des rémunérations. Comment Cats, juge et partie, pouvait-il ignorer ça ? Petit arrangement entre amis ?
2. Didier Donfut Il est devenu secrétaire d'État aux Affaires européennes en 2003. À l'époque, il ne s'est pas mis en congé de ses activités de consultance. Pas plus d'ailleurs quand il est devenu ministre wallon.
Idem lorsqu'il était bourgmestre (de 1992 à 2003) de Frameries. La fameuse convention qui lui octroyait 140 000 euros par an était pleinement d'actualité (elle a été signée en 2000). En tant que mayeur d'une commune faisant partie de l'Intercommunale Gazière du Hainaut, le conflit d'intérêt était encore plus flagrant.
Manque de clairvoyance ou mépris total d'une volonté d'éthique souhaitée par son président de parti ?
3 Elio Di Rupo Ce dossier est sans doute le symbole de l'échec du PS à se rénover en profondeur. La situation de Donfut et le problème de conflit d'intérêt potentiel avec sa charge de ministre dure depuis six ans.
Dans sa chasse aux parvenus, comment Elio Di Rupo n'a-t-il pas tranché dans le vif plus tôt en demandant à Donfut de choisir entre son activité politique et sa profession ?
De deux choses l'une. Soit il était bien conscient de la situation. Dans ce cas, avoir fait semblant de rien est une erreur grave.
Ou alors, Di Rupo n'était pas au courant. Ce qui est peut-être encore bien pire et qui montre que, finalement, il ne tient absolument pas ses troupes. Comme à Charleroi, comme avec Lizin, comme dans le Californiagate, il a attendu. Une attente coupable et fatale.
Une erreur de management indigne d'un parti qui veut présenter une nouvelle image.