Des sabots qui battent le pavé, des sarraus sortis d'une garde-robe ancestrale, plumes et ardoises à la main, onze élèves de première année secondaire au collège technique Saint-Henri se sont transformés.
Ils ont vécu deux jours et une nuit au rythme de l'année 1900. Une immersion aussi totale que surprenante... Ils ont vécu sans eau courante, sans électricité. À l'heure d'internet et des jeux vidéos, voilà qui est décalé.
À peine arrivés, ils ont traversé les couloirs du temps et troqué leurs baskets.
« Cette expérience a été mise sur pied à la demande de deux enseignants du collège technique Saint-Henri », se souvient Véronique Van de Voorde, conservatrice du musée de folklore de Mouscron, qui accueille l'événement. « Depuis un an, nous organisons ce type de stages "patrimoine", mais seulement pour les enfants âgés de 8 à 12 ans, et uniquement en journée. Ici, il s'agit d'une classe verte en immersion totale. Les élèves se sont habillés comme en 1900, se sont lavés comme en 1900, en allant chercher l'eau au puits. Ils ont cuisiné et mangé comme en 1900. Ils ont cardé et filé de la laine, ont fabriqué leur savon, leur shampoing et leur dentifrice. Les classes de grammaire et de catéchisme ont été reconstituées. Le vocabulaire et le comportement de chacun ont dû être adaptés à l'époque. Jeudi, la soirée s'est terminé par une veillée à la lueur d'une lampe à pétrole. Jusqu'au début de la nuit, les plus jeunes sont restés pendus aux lèvres d'Albert Libbrecht, comptant histoires et instants de vie du haut de ses 90 ans moins quelques poussières... » Même si ce n'est pas toujours facile de se replonger près de 110 ans en arrière, beaucoup pourraient être tentés par l'originalité de l'expérience. Ceux qui voudraient essayer l'aventure devront pourtant encore attendre.
« Pour mettre cette classe verte expérimentale sur pied, cela a demandé des moyens énormes. Nous ne possédons pas l'infrastructure suffisante pour accueillir continuellement ces immersions. Par contre, nous avons, aujourd'hui, un projet d'agrandissement du musée en cours. Nous nous sommes dit que si l'évaluation de l'expérience était positive, nous penserions à aménager un local spécifique lors de l'extension. » Les élèves, impressionnés, n'oublieront jamais cette parenthèse dans leur vie, où tout va tellement vite...