Pa ul-Henry Gendebien, figure quasi légendaire du mouvement wallon. Dans les années 1970 et au début des années 80, il était, dans le sillage de François Perin, un des leaders du Rassemblement wallon, prônant la régionalisation du pays. Lorsque ce parti se disloqua, il fonda un mouvement qui, sous l'intitulé ADW (Alliance Démocratique Wallonne ), s'allia au PSC de Gérard Deprez. En 1985, Gendebien figura ainsi en deuxième place de la liste PSC à Namur, derrière André Tiquin, et il fut élu...
La suite de sa carrière ? De 1988 à 1996, il officia comme délégué Wallonie-Bruxelles à Paris. Depuis, il n'a plus de mandat politique, mais sa vision de l'avenir de la Wallonie a évolué, puisqu'il prône aujourd'hui le rattachement à la France.
Et, tout en habitant toujours Lierneux, en province de Liège, c'est Namur qu'il a à nouveau choisi pour affronter le scrutin, régional du 7 juin.
Pourquoi donc candidat à Namur, et pas à Liège ? « Je suis très attaché à Namur, son caractère humain, convivial, explique-t-il. Et surtout au rôle de cette ville capitale wallonne ».
Et de rappeler le soutien utile qu'il apporta, dans ces années 80 lorsqu'il était député de Namur, pour faire adopter cette proposition Anselme qui faisait de Namur la capitale de la Wallonie, « malgré les réactions ulcérées de certains comme Louis Michel ».
« Je veux renforcer Namur comme capitale, poursuit-il. Aujourd'hui, ce n'est qu'une succursale de Bruxelles et du Brabant, toute tournée vers le Nord. Elle doit devenir un pôle de développement en soi ». Ce qui signifie, pour lui, une ouverture renforcée de la province de Namur vers le sud, par le rail via Givet, par la route...
« Aujourd'hui, tout le monde en parle »Les listes RWF qui seront proposées le 7 juin seront complètes, tant à Namur qu'à Dinant-Philippeville et ailleurs en Wallonie. « Pas de grosses vedettes, pas d'élitisme dans le recrutement, mais une émanation du peuple wallon. »
Des idéalistes, certainement. « Nous avons refusé toutes compromissions », insistent Gendebien et son équipe. Pointant du doigt les grands partis, qui ont gâché la régionalisation par le clientélisme, la dérive du copinage.
Car le RWF ne croit plus en une Région wallonne autonome, voire indépendante telle que le proposent les listes Wallon . Pour Wallonie-France, l'État belge est certes devenu « un cadavre politique, un Titanic qui avance sans balises au milieu des icebergs ». Mais la Wallonie va mal, elle aussi : pas de projet, plan Marshall sans résultat, état des routes exécrable, enseignement de mauvaise qualité, et une absence d'alternance, avec un PS au pouvoir depuis 21 ans. Bref, seule solution pour le RWF : la république française, « au sein de laquelle nous resterons Wallons ».
« Il y a quelques années, nous ne recueillions que des ricanements. Aujourd'hui, tout le monde en parle ... »