Dehors, ils hurlent pour réclamer des études gratuites, sociales, popul aires. À l'intérieur, ils plaident pour doubler la mobilité d'ici dix ans. Environ 10 % des étudiants s'embarquent aujourd'hui dans un échange Erasmus. Ils devront être 20 % en 2020. « La mobilité est tellement importante aujourd'hui dans une formation qu'elle doit être le fait de la majorité et pas d'une minorité d'étudiants », estime le ministre flamand de l'Enseignement, Franck Vandenbroucke (sp. a), à l'issue du colloque.
Très bien. Mais avec quels moyens ? Car si ces séjours dans les universités étrangères forment la jeunesse, ils grèvent aussi les budgets des parents. Or les ministres de l'Enseignement rassemblés annoncent tous en choeur que Bologne est un processus social des études. C'est même ce qui ferait notre différence avec le système américain ultra-élitiste.
Et le ministre Vandenbroucke d'expliquer qu'« aux USA, il y a des disparités entre ceux qui savent payer ces études ou pas mais aussi entre les niveaux des universités. » Tout étudiant belge peut-il se permettre six mois à Madrid ou à Berlin ? « Une étude assez récente a montré qu'il y avait autant d'étudiants boursiers Erasmus que les autres », avance le porte-parole de la ministre de l'Enseignement francophone, Marie-Dominique Simonet. « Mais ça ne veut pas dire que ce n'est pas la galère financière pour certains », avoue-t-il aussi.
Un Erasmus reçoit une aide de 200 à 300€ par mois
Au niveau de l'Europe, les montants réservés aux Erasmus ont doublé en sept ans. Mais ça veut surtout dire que plus d'étudiants bougent. Car le montant moyen de la bourse Erasmus, lui, n'augmente pas. La Communauté française consacre actuellement 3,7 millions d'euros par an à ces aides à la mobilité. La ministre Simonet a mis dernièrement sur la table un projet : avancer un euro Communauté française à chaque fois que l'Europe avance un euro de son côté.
Un étudiant qui part en Erasmus aujourd'hui reçoit une aide qui se situe entre 200 et 300 € par mois. C'est loin de couvrir tous les frais liés à un tel déplacement. Mais il y a deux ans, ce montant s'élevait à peine à 140 € par mois.
Enfin, la règle européenne veut que la moitié du fonds mobilité parte chez les étudiants boursiers. « L'éternelle discussion, appuie le porte-parole de la ministre Simonet, est évidemment de savoir si avec les suppléments d'argent, on fait partir un plus grand nombre d'étudiants ou si on augmente le plafond des bourses » . L'option prise hier est claire : doubler le nombre d'étudiants Erasmus.
Le communiqué final de la conférence de Louvain et Louvain-la-Neuve explique ainsi que la mobilité est essentielle aussi bien « pour l'épanouissement personnel que pour l'employabilité future des étudiants ». Elle favorise aussi « le respect de la diversité » et « encourage la pluralité linguistique » .
En outre, elle « accroît la coopération et la concurrence » entre les universités. L'objectif de 20 % requerra de nouveaux efforts de la part des États participant au processus. Il s'agira de financer les bourses, mais aussi de faciliter l'accès de certains étudiants qui peinent à obtenir des visas.