Mohamed Sarr est d'un naturel joyeux. Et quand il doit évoquer son début d'année chahuté, en raison de blessures à la cuisse puis au mollet, le défenseur sénégalais assure qu'il est resté cool, tout en se posant plein de questions. « Mais c'est normal, estime-t-il. Tu essaies de savoir ce que tu n'as pas bien fait et comment éviter ça à l'avenir. » À Mouscron, il devrait disputer son 28e match de la saison et devrait être proche, à la fin du championnat, du total de matches que celui disputé la saison passée (31). Mais l'année passée, c'est la Coupe d'Afrique des Nations puis les trois dernières rencontres pour du beurre qui l'avaient poussé en dehors de l'équipe. Cette saison, la lutte sera serrée jusqu'au bout, il n'y aura pas de match en roue libre. « On doit être à 1000 % ! »

Mohamed, comment allez-vous ?
Bien. J'ai joué avec les Espoirs lundi (90 minutes, contre Lokeren) et la semaine passée (45 minutes, contre Courtrai), pour travailler la condition physique. Cela va de mieux en mieux.

Quand et comment avez-vous appris que vous commenciez sur le banc contre Lokeren ?
Quand le coach m'a dit que je devais venir m'entraîner le dimanche, alors que tout le monde était en congé, j'ai compris. C'est vrai que pendant la semaine, je n'étais pas trop certain. Au début c'était même effrayant. La deuxième semaine m'a rassuré, et je suis maintenant à 70 %.

Si on vous posait la question de confiance, vous diriez que vous êtes prêt ?Oui.Mais vous n'êtes pas à 100 %...
Mais on n'est jamais réellement à 100 %, on a toujours un petit souci à gauche ou à droite. Là, je me sens bien, prêt à reprendre. Je donne chaque jour des indications à l'entraîneur sur mon état de forme.

Comment avez-vous vécu, moralement, votre indisponibilité?
En toute tranquillité, même si je me suis posé plein de questions, sans pouvoir trouver les réponses. Je n'ai pas eu d'états d'âme, c'était mon destin d'être blessé. À la limite, c'est plutôt les amis, la famille ou les supporters qui s'inquiétaient pour moi. Je les rassurais. Vous savez, j'ai vécu des moments difficiles avant, je sais y faire face.

C'est la première fois que vous étiez écarté aussi longtemps?
Oui. Je n'avais jamais eu de problème musculaire avant. Et puis sur une bête frappe et lors d'un footing, je me blesse. Ça devait arriver, voilà tout. Le plus ennuyant, c'est que je chambrais les équipiers qui souffraient de blessure musculaire. Maintenant, ce n'est plus trop le cas (sourire ).

Vous revenez pour le sprint final. Comment envisagez-vous cette lutte pour le titre?
On a notre destin entre les mains, tout ce qu'on a à faire c'est gagner tous nos matches pour être champion. Maintenant, on s'en fout de la manière. On marque et on laisse venir. Avec les gars qu'on a derrière, ça ne passera pas. Ensuite on part en contre. Ça peut faire mal.

Le titre, avec ou sans test-matches?
La seule chose que je veux, c'est le titre, le reste je m'en fous. Mais les test-matches, c'est tellement stressant... De toute façon, je rentre au Sénégal le 1er juin, il faudra que tout soit décidé (rires) .

Vous êtes nominé pour le Soulier d'Ébène...
Ils (les organisateurs) voulaient compléter leur liste. Sérieusement, c'est Mbokani qui doit gagner. Il faut voter pour Dieu ! Vous jugez-vous moins bon que la saison passée ?J'ai été plus régulier en tout cas. Je ne suis pas content de moi, parce qu'il y a eu une faille avec cette blessure. Je dois y remédier. Je ne veux pas qu'on dise que je suis bon, mais fragile.

Vous n'êtes pas Frutos quand même...
Non c'est vrai. Mais je dois bosser pour être plus solide encore, peu importe le nombre de matches qu'il faut jouer.

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