Oy ez, oyez, gentes dames et preux damoiseaux : hier, la Grand-Place de Louvain-la-Neuve a remis les pendules à l'heure... du Moyen-Âge.
Cote de mailles sur les épaules, engoncés dans leur armure et arme au poing, les membres des Francs compaings brabançons nous emmènent au coeur des joutes d'escrime médiévales. Le seigneur Alerik va combattre le seigneur David, dit l'Oublié. « Un jour, le charroi est parti sans lui », explique sire Rolland de Glabbecke, juge de la passe d'armes.
Frappe d'estoc, avec la pointe, parade, contre-attaque, esquive, les gestes précis et rapides s'enchaînent. Mais le coup porté par la tranche de l'épée du seigneur David ne pardonne pas : 0-1 pour l'Oublié. Qui gagnera la manche quatre coups à un.
Une partie de la foule le salue, l'autre le hue. À chacun son camp, à chacun son suzerain. Encore une fois, la compagnie médiévale a impressionné le public éclectique.
Des étudiants mais aussi des familles ont en effet profité du beau mercredi après-midi pour retourner vivre en 1388.
Où les attendaient Vedany et son bubo bengalensis, son hibou grand duc indien, triste sire. Mais le hibou aux plumes revisitant toutes les couleurs brunes et beiges qui était maître de la Grand-Place est né au Royaume-Uni. « Il est plus petit que son cousin le grand-duc européen, avance Vedany, magicien et fauconnier. Il pèse environ un kilo. C'est un rapace nocturne : cela signifie qu'elle, c'est une femelle, chasse dans la pénombre. Jamais dans la nuit noire. Là, elle dort. Et le grand-duc est paresseux : il ne vole pas quand il y a trop de vent. »
Grand-duc prince de la placeTandis que le grand-duc pavoise, le forgeron est au turbin. Le son du marteau frappant l'enclume se fait entendre. « Je commence à façonner une pointe de flèche. Pour la réaliser, on fait appel à toutes les techniques du forgeron. Si on sait faire la flèche, on peut donc tout faire », s'exclame le forgeron aux cheveux long et à la barbe rousse bien garnie. Dont seul les lunettes de soleil le raccrochent à notre époque.
Le tarot, lui, nous parle de l'avenir. Les plus valeureux ont tenté de devancer le temps et se faire tirer les cartes. Pour tout savoir sur le travail, la santé, l'amour.
La place a revécu cette époque envoûtante avec l'aide de la Maison de l'histoire, le kot-à-projet qui a organisé cette foire médiévale. Mais nobles seigneurs, hardies damoiselles et enfançons, les couloirs du temps se sont refermés vers 18 h. Le XXIe siècle a alors repris ses droits.