Les membres du groupe de protection des batraciens de Grez-Doiceau sont pour l'instant sur le pied de guerre pour aller sauver des centaines de batraciens. Qui sans eux risquent d'être écrabouillés sous les roues des voitures.
Samedi matin, nous avons suivi une équipe oeuvrant à Pécrot. Elle était formée de Marie Smets, Simone Evrard, Jacques Sténuit et Danielle Blancke.
« En bordure de la descente venant de Néthen, avec l'aide des ouvriers communaux, nous avons creusé une rigole qui a été bordée sur une centaine de mètres par une bâche haute d'une cinquantaine de centimètres. Des seaux ont été enterrés dans la rigole pour nous permettre de récupérer plus facilement les batraciens. Nous les portons ensuite de l'autre côté de la route. Ainsi, ils échappent aux véhicules », signale Marie Smets.
Mais avant d'arriver à cette bâche, on remarque de vilaines traces brunes et noires sur la route. Ce sont les restes de grenouilles et de crapauds qui ne sont pas arrivés de l'autre côté du chemin...
Dans les seaux, la récolte n'est pas terrible : Marie trouve juste un petit crapaud abrité du froid par les feuilles mortes qui tapissent le fond du seau. Elle le porte dans le petit bois en face. Celui-ci est sauvé. « Le gel de la nuit n'a pas permis les déplacements des batraciens. Par contre au petit matin du 13 mars, il faisait doux et pluvieux, si bien que nous avons trouvé vingt-six crapauds et trois grenouilles », commente Simone Evrard.
224 crapauds« La semaine dernière, en se promenant à la nuit tombante le long des rues Decock et des Déportés, nous avons pu faire traverser, après les avoir attrapés à la main, 224 crapauds, 24 grenouilles rousses et 7 tritons », ajoute le docteur Sténuit.
« Il y a des migrations de batraciens un peu partout dans la commune, mais outre à Pécrot et à Gottechain, il y a deux autres zones où elles sont très importantes, continue Marie Smets. La première à Sart-Biez, où les grenouilles ne traversent pas la rue Fond du Moulin mais la suivent, inconscientes du danger, sur une longue distance. La seconde à Florival, près de la station d'épuration. » Simone Evrard, ajoute, en riant : « Elles sont bilingues car elles se rendent à Ottenburg. » Si les grenouilles vertes restent près des points d'eau, les rousses voyagent beaucoup plus. Ce sont les crapauds qui se révèlent les plus grands voyageurs. À la mi-avril, la bâche placée à Pécrot sera retirée car la plupart des batraciens, après la saison des amours, vont regagner les sous-bois pour se nourrir d'insectes.