«C'est un cas spécialement antipathique, a attaqué le substitut Jean-François Mertens. Ce sont deux récidives et le prévenu va voler là où il a accompli sa peine de travail. » Et comme cette peine de travail de 200 heures correspondait, en cas de non-exécution, à 12 mois de prison ferme, l'organe du ministère public requiert que le tribunal aille au-delà, avec cette fois 15 mois fermes.

La veille du dernier réveillon, Kevin cambriole un night shop de Marche-en-Famenne, emportant ce qu'il peut de cigarettes, tabac et briquets. Le 21 janvier dernier, c'est sur le chenil marchois de l'ASBL « Chiens perdus sans collier » qu'il jette son dévolu, dans le parc de l'ancien collège Saint-François. « J'étais dans le besoin, je n'ai trouvé que cette solution-là. » « Bravo, s'exclame la présidente Marie-Pierre Drisket, c'est particulièrement désagréable, la justice essaie d'aider les gens et c'est pire que mieux ! » Héroïnomane, sans revenu, il vole pour se payer ses doses. Pourtant, relève la présidente Marie-Pierre Drisket, le Forem lui accordait de l'aide, mais elle était suspendue à ce moment-là, faute d'avoir rentré des papiers à temps. « C'est un oubli », rétorque-t-il à cette remontrance.

Rapidement attrapé, il est en prison depuis, déjà porteur d'un casier judiciaire pour stupéfiants (suspension probatoire), vol et recel (la peine de travail). Son futur ? Habiter chez sa mère, achever sa formation Horeca, trouver du boulot.

Pour l'ASBL cambriolée, Me Jacques Bourguignon, doyen du barreau marchois toujours actif, revient à la barre. Les locaux ont été dévastés comme par un ouragan : charnières et portes arrachées, porte du coffre défoncée, vitres cassées. Les bénévoles ont réparé, 40 heures de travail, avec les moyens du bord. L'ardoise totale : 1 130 €. Alors que l'ASBL ne vit que du bénévolat et des dons.

Me André Brouyaux a plaidé la dépression amoureuse, cause de sa chute dans l'héroïne, ses 22 ans, sa famille modeste, mais aussi les boulots qu'il a déjà assurés et la porte toujours ouverte du sursis. Et l'avocat d'espérer un sursis partiel, de nature à stimuler Kevin pour se mettre en ordre et redémarrer dans la vie.

Patience jusqu'au 8 avril.E. Lk.