Le sentiment qui prévalait à l'issue de la séance d'informations, c'est l'inquiétude. Moins value immobilière, dégradation du paysage, compensations financières inexistantes, nuisances sonores, avifaune en danger, effet stroboscopique. Les opposants au projet se sont fait entendre.
Les partisans ? Oui, il y en avait également, sans doute plus discrets. Car depuis le refus en 2002 d'un premier projet éolien à Escanaffles, les mentalités ont évolué. En clair, une grande majorité est favorable aux éoliennes... mais pas chez soi. C'est le fameux syndrome Nimby.
Avec les éoliennes de Galactic, un autre aspect vient se greffer : celui de l'impact socio-économique d'une des rares entreprises celloises en développement. Ajoutez à cela, un zeste de communautarisme. Mélangez le tout et vous obtiendrez un dossier qui risque d'être brûlant dans les mois qui viennent avec de nombreux recours en perspective.
Plastique bio avec énergie verteGalactic poursuit son développement sur le site d'Escanaffles. Un nouveau bâtiment y est en construction en vue d'accueillir Futerro, la filiale chargée de produire du plastique biodégradable (PLA). Une cinquantaine d'emplois y seraient créés à l'horizon 2015. Pour être attractif et donc rentable, le plastique produit devra offrir un bilan CO2 neutre. Une société concurrente installée aux USA possède déjà 12 éoliennes. Pour rester dans la « course », Galactic doit donc avoir recours à une énergie 100 % verte. Plusieurs pistes ont été envisagées (cogénération bois, hydroélectricité) mais c'est finalement l'éolien qui a été retenu. Actuellement, la consommation électrique de Galactic (6000 MWh/an) serait couverte par la production d'une seule éolienne mais en 2013 c'est plus de 55 000 MWh/an qui seront nécessaires. Le projet présenté à la population ce lundi soir vise l'implantation de 9 éoliennes le long de l'Escaut et s'inscrit dans la prise de conscience du défi climatique. La commune serait partenaire en devenant propriétaire d'une éolienne et envisage la création d'une coopérative citoyenne.
Retenir les erreurs du passéEn 2002, la commune de Celles avait refusé l'implantation d'un parc éolien à quelques centaines de mètres de celui projeté par Galactic. Les griefs invoqués à l'époque ont été en partie démontés par Michel Helbig, de la société Kyotech, l'un des promoteurs. Selon lui, l'impact visuel sera moindre (surtout par rapport au Mont de l'Enclus). Plus aucune habitation ne sera « encerclée » car toutes les éoliennes seront dorénavant alignées dans la vallée. Plusieurs études complémentaires seront demandées afin d'évaluer l'impact écologique et plus particulièrement sur l'avifaune assez diversifiée de cette zone. Une étude de sol réalisée près de Galactic a montré qu'il n'y avait pas de risque d'effondrement karstique.