Le médian d'Everton ne se soucie guère de son image ou de sa place sur le terrain. Seul une (double) victoire face aux Bosniaques l'intéresse.
Décidément , rien, si ce n'est peut-être le regard des gens à son égard, ne changera sans doute Marouane Fellaini ! Lundi, pour sa seule et unique rencontre avec la presse avant le match capital face aux Bosniaques, l'ancien Standardman est apparu tel qu'il a toujours été. « À l'aise », comme disent les jeunes, mais visiblement peu intéressé par ce que les gens peuvent penser ou dire de lui. En bien ou en mal d'ailleurs. Quand on lui a parlé des louanges tenues à son égard par David Moyes, son entraîneur qui voit en lui le joueur clé sur lequel l'avenir d'Everton doit se bâtir, il a juste haussé les épaules, affirmant juste qu'« après une difficile période d'adaptation », il joue « simplement ses matchs, à un niveau certes plus élevé qu'en Belgique parce que le niveau général est meilleur à tous les points de vue. »
Quand on lui a parlé des éloges proférés à son encontre par l'un analystes de la BBC, Pat Nevin (« Le Belge est un diamant à l'état brut. S'il ajoute à ses qualités physiques une certaine technique, il peut devenir le meilleur joueur d'Europe » ), il n'a pas eu l'air plus flatté que cela, ajoutant qu'il pourrait « marquer plus et faire moins de fautes ». Et quand on a essayé d'aborder directement le sujet extra-sportif qui fait un tabac en Angleterre, à savoir sa « coiffure Monchichi », il a botté en touche, l'air un peu agacé tout de même. « Je ne suis pas là pour parler de mes cheveux mais bien de football », affirme-t-il assez fermement. « Ce que font les supporters d'Everton avec toutes ces perruques est étonnant mais ne m'affecte ni ne m'amuse guère. C'est comme ça, un point c'est tout. Je dois accepter que ma notoriété grandissante n'ait pas que des côtés positifs. » Alors, logiquement, on a essayé de parler foot avec lui. Et là, Marouane a été un chouïa plus loquace. « L'équipe nationale, j'adore la retrouver », a-t-il affirmé. « Je ne sais pas si on peut comparer son niveau à celui de la Premier League, mais il y a du talent, c'est indéniable. C'est un niveau international, tout de même, avec des joueurs qui évoluent dans de grands clubs belges ou au sein de championnats relevés. Maintenant, cela ne nous mène à rien en soi, on doit prouver sur le terrain que nous sommes forts. Personnellement, je sais qu'il s'agira d'un match important. L'absence de Vertonghen, qui avait été impressionnant physiquement lors de ses dernières sorties, est embêtante. Maintenant, moi je joue avec qui on me demande de jouer. Peu importe si c'est aux côtés de Defour, Witsel ou Hazard. Je ne suis même pas sûr que je serai titularisé ! » On voit évidemment mal René Vandereycken se priver d'un tel talent mais le garçon est comme ça, apparemment peu conscient que toute l'Europe du ballon rond jette un regard intéressé sur son évolution au sein du meilleur championnat européen, dans l'un des clubs qui parvient à ne pas être trop distancé par le « Big Four «. « À Everton, je joue souvent assez haut ces derniers temps alors qu'en Belgique, on me demande davantage de jouer dans un rôle plus défensif. Cela ne me dérange évidemment pas. Je peux surgir de la 2e ligne et ai déjà prouvé que je pouvais facilement marquer l'un ou l'autre but. Pas 30 comme certains imaginent erronément que j'en sois capable. Ces derniers temps, j'essaie aussi d'être plus calme, moins agressif dans le mauvais sens du terme. Cela fait trois matchs que je n'ai pas pris de carton avec mon club. Pas mal, non ? » Après cette interview, Marouane s'en est allé en effectuant un crochet devant les caméras de RTL-TVi. Puis il s'est perdu dans la Cristal Arena de Genk et a failli manquer le bus affrété par l'équipe nationale pour rejoindre l'hôtel. Quand on vous disait qu'il n'avait pas changé...