Le 24 février, lors d'un conseil communal écourté faute de majorité, le bourgmestre socialiste Jean-Marie Reinertz avait annoncé son souhait de former une nouvelle majorité pour la séance du mois suivant. On y est. Le conseil communal a été convoqué pour lundi prochain. Mais sans nouvelle coalition pour gérer l'ancienne capitale ducale après que la socialiste Natacha Beckers a claqué la porte, laissant le PS sans plus de majorité.
Non seulement il n'y a pas de nouvelle majorité en vue, mais il n'y a pas non plus de négociations pour ce faire. Le groupe Union-cdH, qui avait les faveurs d'un Jean-Marie Reinertz espérant ne devoir lui céder qu'un siège d'échevin ? « Il y a bien eu une rencontre entre les deux présidents de parti, Alain Mager pour le cdH et Claudy Klenkenberg pour le PS. Et puis une rencontre à quatre, avec les deux mêmes ainsi que Jean-Marie Reinertz et moi-même », indique le chef de groupe Union-cdH, Alain Derome. Mais... « c'était il y a bien trois semaines et, depuis lors, plus rien... » Même écho chez Écolo, le partenaire du PS dans la précédente majorité : « Il n'y a absolument rien qui se passe », soupire l'ancien échevin Robert Lejeune. Lequel affirme aussi qu'Écolo n'a nullement été contacté.
Puisque le blocage politique s'enlise dans une paralysie totale (d'ailleurs, le conseil ne votera pas encore le budget de la commune pour une année 2009 déjà bien entamée), toute l'opposition est convenue de faire une déclaration commune, lundi prochain. « On veut mettre les choses à plat et donner notre avis sur la situation politique. Car si ce n'est pas à nous mais à l'ancienne majorité d'ouvrir les débats, nous ne sommes pas du tout indifférents par rapport à la gestion de la Ville, qui est bloquée. Car la tactique du PS, pour le moment, est de rejeter la faute sur les autres, au lieu de prendre ses responsabilités », commente Alain Derome.
« On va mettre les points sur les "ici" et on va même taper du poing sur la table. On va les secouer », promet Robert Lejeune, en parlant des socialistes.
Les deux leaders de l'opposition (le MR de Jacques Lamotte, ne disposant que d'un siège, n'est pas un partenaire potentiel pour le PS) se demandent aussi s'il ne faut pas expliquer l'absence de négociations formelles par « les gros problèmes que les socialistes ont en interne, car ils ne parviennent pas à s'arranger entre eux ». Le jour, en effet, où le PS limbourgeois aura à se déterminer pour une alliance avec un autre parti, il devra aussi se choisir, en son sein, celui ou ceux qui, parmi ses échevins (ou président de CPAS), devra démissionner de son mandat pour faire place à un représentant (ou deux) du nouveau partenaire.