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Depuis la tatouille historique des élections fédérales de 2007 où le PS avait perdu ses fonds de culotte, il faut bien admettre que Di Rupo a réussi à faire mieux que limiter la casse. En augmentation lente mais constante dans les sondages depuis deux ans, on peut affirmer que le parti est sur une tendance positive qui pourra probablement lui permettre de retrouver son statut de première formation politique de Wallonie. Et ce, en dépit des quelques reliquats d’affaires, notamment du côté de Huy. Di Rupo peut d’ailleurs s’estimer heureux de ne pas payer l’addition cash au regard de ses tergiversations à l’égard d’Anne-Marie Lizin.
Alors, un redressement qui va satisfaire et décrisper le PS ? Pas sûr. Car le parti est en train de vivre un paradoxe énorme : son beau regain de forme ne l’empêcherait pas de perdre 10 sièges à la Région wallonne et 13 à la Communauté française. Pire : de tous les partis, il est le seul, avec le FN, à perdre des sièges. En termes électoraux, on appelle ça une casquette, une dégelée, une rame.
Bien sûr, les socialistes argueront du fait que le score de 2004 (34 sièges) était historique et que leur score, en pourcentage, sera sans doute nettement meilleur aux prochaines régionales qu’il ne le fut aux fédérales de 2007.
Il n’empêche : dans les faits, perdre presque un tiers de ses sièges à la Région ne pourra être considéré que comme un échec. À attribuer aussi peut-être au manque de capacité du PS à recruter en dehors de son propre parti qui compte plus sur sa base traditionnelle que sur d’éventuels transfuges.
Elio Di Rupo l’a très bien compris et sent le danger. C’est sans doute pour cela qu’il descend à nouveau lui-même dans l’arène en se présentant en tête de liste à la Région du côté de Mons, demandant au passage à Didier Donfut de ravaler sa fierté pour le bien du bon peuple socialiste.
Alors, que fera le PS qui risque bel et bien de ne pas avoir forcément la main ? Sans doute Di Rupo, en fin stratège, ne parlera-t-il pas de défaite. Tout au plus de consolidation et d’amélioration par rapport aux fédérales. Il ne la ramènera pas. En espérant que l’entente soit toujours au beau fixe avec Joëlle Milquet et en courtisant habilement les écolos qui seront incontournables. Le tout est de savoir si Écolo, définitivement affranchi du cocufiage des convergences de gauche, se laissera amadouer.
Et ce n’est pas gagné d’avance. Sur les bases de 2007, on se rend compte que le flux d’écolos qui avaient rallié la cause socialiste était très faible. Traduisez : pas sûr du tout, comme le pensent beaucoup au PS, que la nature profonde de la majorité des écologistes soit à gauche et qu’Écolo constitue un allié naturel des socialistes au moment de former les gouvernements.
Tout ça pour dire que le PS va bien - merci pour lui – mais qu’il marche sur des œufs. Et qu’il pourrait, malgré tout, faire les frais de l’élection dont il ne sortira pas en leader autoritaire. En soi, ce sera déjà une petite révolution après près de 30 ans de pouvoir quasi sans partage.
Mais si l’arrogance de certains fait place à l’humilité du côté des socialistes, ils pourraient, malgré tout, tirer leur épingle d’un jeu qui n’a jamais été aussi ouvert.
Fiche technique du sondage:
Sondage effectué par Dedicated Research du 6 au 9mars 2009, par téléphone, sur un échantillon strictement représentatif de 600 électeurs de Wallonie.
Les enquêtes ont été réalisées dans chacune des 5 provinces que compte la Wallonie (Hainaut, Liège, Namur, Brabant wallon et Luxembourg).
La sélection des répondants a été réalisée aléatoirement dans les annuaires téléphoniques, dans le respect des quotas sur les principaux critères sociodémographiques (sexe, âge, actifs/non-actifs, …) et répartie de façon représentative entre les provinces de Wallonie.
Il a été tenu compte des personnes qui ne disposent plus que d’un téléphone portable: 15% des enquêtes ont été réalisées sur des numéros de téléphones portables.
78,2% des personnes sollicitées ont accepté de répondre aux questions de nos enquêteurs.
La marge d’erreur maximale (c’est-à-dire pour des fréquences observées proches de 50%) est de 4.0% sur l’échantillon total.
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