S amedi, le magot fut déposé par le commerçant de Mourcourt, comme convenu avec les deux malfaiteurs. Mais la police surveillait l'affaire : elle a surgi au moment où l'un des auteurs prenait l'argent. Son complice a pu être arrêté un peu plus tard.

«Un zeste de chance et une très belle enquête»

«Grâce à un zeste de chance et une très belle enquête, la police judiciaire fédérale a réussi un joli coup», explique ce lundi le substitut du procureur du roi de Tournai Jean-Bernard Cambier. Les faits débutent la semaine dernière. Le commerçant est victime de menaces par téléphone. On lui réclame une somme d'argent. Pour l'impressionner, les malfrats vont jusqu'à bouter le feu à une barrière de sa maison.

Finalement, le commerçant reçoit des directives. On lui demande de se rendre du côté de Mons, puis de Givry avec un paquet d'euros.

La suite est digne d'un scénario de série télé : la police judiciaire fédérale arrive. Si elle se trouve au bon endroit au bon moment, c'est parce qu'elle n'a rien manqué des conversations téléphoniques entre les auteurs et leur victime.

Une fuite de courte durée

Samedi après-midi, un homme qui vient de s'emparer du magot est pris en flagrant délit. La police constate qu'une autre personne s'enfuit à travers champs. Le premier, Franco Cammarata, un Hongrois de 41 ans, est en aveux. Parmi les documents qu'il porte, la carte grise d'une dame résidant à Neufchâteau aiguillera les enquêteurs.

Le jour même, le complice sera intercepté du côté de Neufchâteau, où il réside : «il avait eu la mauvaise idée d'appeler sa femme par téléphone pour qu'elle vienne le chercher après sa fuite». Lionel Camusso, 43 ans, né en France, est également passé aux aveux.

Les deux hommes ont été placés sous mandat d'arrêt ce dimanche par le juge d'instruction tournaisien Gérard Bresoux. Ils sont inculpés des chefs de menaces sous conditions et tentative d'extorsion.