À Gouvy, les 50000 € que le ministre Philippe Courard a déboursé pour soutenir l'ouverture d'un espace public numérique (EPN) ont permis d'offrir aux gens du cru le top du top en matière d'équipement informatique : un local moderne et coloré, 8 ordinateurs en poste fixe pour des formations, 6 autres ordinateurs portables pour les visiteurs souhaitant surfer en accès libre, une installation de connexion en wi-fi permettant aux adeptes du net de venir avec leurs propres bécanes. Le relevé du matos inscrit enfin un smart board, soit un grand écran tactile permettant à la coordinatrice de l'EPN, Sophie Giles, de prodiguer des formations en groupe.
L'internet mobilepar satellite
Mais la magie du net qui semble avoir frappé l'esprit de l'échevine gouvionne Brigitte Caprasse, en charge du projet, dévoile un autre outil : elle vient en effet de répondre à un nouvel appel à projets, émanant du ministère fédéral de l'intégration sociale. L'idée : mettre en route une structure mobile de 8 PC portables avec connexion internet par satellite. L'objectif : porter le numérique dans les villages, à la rencontre des personnes qui connaissent des difficultés pour se déplacer.
Pas besoin de se poser la question de savoir si tout cet équipement est bien nécessaire puisque seul le taux de fréquentation de l'espace public numérique est déjà au beau fixe.
Sophie Giles témoigne : «On a débuté le 6 janvier dernier. Sans trop de publicité, on enregistre beaucoup de visiteurs et déjà des mordus d'internet. Les premiers programmes de formations que nous venons de lancer sont déjà quasi complets.» Preuve que l'informatique intéresse tout le monde. Preuve aussi que l'initiative du ministre wallon de financer ce type de projet répond aux attentes d'une franche partie des populations rurales.
Faire son propre site webD'autres formations vont suivre, spécifiquement adaptées aux demandes des utilisateurs. Ainsi des ateliers d'aides à la création de site internet vont être ouverts : «Prioritairement pour les indépendants et les commerçants de la région. Ca répond à une demande précise» indique Sophie Giles. La demande est telle que son poste d'employée à mi-temps pourrait évoluer rapidement vers un 3/4 temps.
Rappelons que l'espace public numérique n'a pas de public cible, il est ouvert à tous.
Dans un seul objectif, celui de réduire la fracture numérique qui touche davantage les populations rurales qu'urbaines et donner à chacun la possibilité d'accéder au monde entier en deux clics souris. À Gouvy, l'EPN semble avoir pris un envol confortable et intéresser un maximum d'habitants. Petites têtes blondes et seniors compris.
Ce défi de mettre le numérique entre toutes les mains, Gouvy le doit aussi à Steve Thiry, un instituteur qui, bien avant que le ministre ne lance ses appels à projets d'EPN, avait fondé il y a trois ans les bases d'un tel service sous l'ASBL J-1. Et déjà dans l'école de Cherain. C'est dire si le net était à bonne école.