Welkom bij l'Ancienne Grange ! Pardon. Bienvenue à l'Ancienne Grange. Désolé pour le lapsus mais c'est que dans cet établissement sis à l'entrée de Grupont (Tellin) et candidat au label de qualité «Bistrot de terroir», les dialogues se font plus souvent dans la langue de Vondel que dans celle de Molière. «La clientèle est à 95 % néerlandophone», confie Thea Hellings, la maîtresse des lieux, elle-même originaire du Nord du pays.
Si vous franchissez la porte de la taverne, ce n'est pas la peine de commander une Jupiler. Ni même une Hoegaarden. Thea n'en a pas. Par contre, vous pourrez vous laissez tenter par une petite Saint-Benoît, une Gauloise ou encore une savoureuse Rochefortoise. «Je propose une quarantaine de bières différentes, avance la taulière. Mais aucun produit industriel chez moi ! Si un touriste a effectué un déplacement de deux cents kilomètres, ce n'est pas pour boire une Jupiler et manger un steack-frites. C'est pourquoi vous ne trouverez, ici, que des produits du coin.» Comme l'Orval, au prix de 3,85€, depuis deux semaines seulement. «Je n'en vendais pas mais les gens m'en demandaient tellement souvent que j'ai fini par céder», avoue la gérante.
Thea Hellings décrit son établissement comme une petite soeur de Maison du tourisme. «Je me suis lancée dans cette aventure, en 2007, parce que je m'étais rendu compte que l'Ardenne recelait de nombreux produits de qualité. Des produits toutefois souvent difficiles à dénicher, c'est pourquoi j'ai décidé d'en rassembler un maximum. L'Ancienne Grange constitue une petite carte de visite de la région, en quelque sorte.» Liqueurs, chocolat, confitures ou encore petits souvenirs régionaux, le tout concentré sur moins de vingt mètres carrés : les touristes sont gâtés. Rien à voir, en tout cas, avec un café traditionnel. «Je souhaitais proposer quelque chose de différent, ajoute Thea, qui gère seule son estaminet. Je voulais me démarquer de l'image du simple café. Vous savez, cet endroit où on joue aux cartes et où les piliers de comptoir refont le monde du matin au soir.»Enfin, dernière fierté de Thea, qui au passage parle admirablement français, elle entend de moins en moins souvent que Grupont est un village mort. «Je me suis installée dans le village, avec mon fils, en 2004, souffle-t-elle. Et donner un peu de vie au village a constitué une sorte de défi, pour moi. Aujourd'hui, diverses activités collectives sont nées, comme le Marché de Noël ou le concours de crèches. Et je pense que tout le monde, Grupontois comme gens extérieurs, y trouvent leur compte.»