Avec cinq kilos en moins, l'aventurier a le visage fin, les traits tirés mais un grand sourire lorsqu'il revoit les images du périple qu'il vient d'effectuer. Il l'a fait, Guy Dubart a vaincu l'Aconcagua. Difficile de trouver un autre verbe que «vaincre» pour exprimer la performance. L'Aconcagua est en effet le deuxième des «Seven Summits» et il culmine à près de 7000 mètres d'altitude. Autant dire que là-haut l'environnement très minéral est plutôt hostile à l'homme.

Pourtant Guy ne semble pas avoir trop souffert de problèmes de santé. «Hormis quelques petits ennuis intestinaux pendant deux jours, je n'ai pas eu à me plaindre. Mon équipier Thierry Clemens a par contre eu un peu moins de chance. Il a été très malade dès le début de l'ascension.»Si les premiers jours entre 3500 et 4000 mètres d'altitude font office de mise en bouche, l'arrivée au camp de base à Plaza de Moulas (4300 mètres) annonce le début des hostilités : «Beaucoup de gens font déjà demi-tour au camp de base», relève Guy Dubart. La suite propose un paysage désertique fait de rocailles. L'Aconcagua offre aussi son lot de surprises. On pourrait en effet croire à une ascension abrupte sans interruption pourtant à certains endroits c'est la vallée qui reprend ses droits, parfois pendant plusieurs kilomètres.

Le quotidien des aventuriers qui osent défier «le colosse de l'Amérique» est fait de montées et de descentes. L'acclimatation joue un rôle très important. Il convient de monter jusqu'à une certaine altitude pour ensuite redescendre passer la nuit quelques centaines de mètres plus bas : «C'est parfois frustrant, confie Guy Dubart. Mais on sait que c'est le seul moyen de monter en évitant l'oedème pulmonaire.» Car à l'Aconcagua on ne rigole pas avec la sécurité. Chaque jour, les personnes qui s'y risquent doivent se prêter au contrôle médical afin de vérifier si le taux de saturation d'oxygène dans le corps n'est pas trop bas.

Blessé à l'épaule...

Un sac de 20 kilos vissé sur les épaules, Guy Dubart a suivi son programme sans trop de problèmes. Un gros contretemps est néanmoins venu compromettre la suite de l'aventure à 5500 mètres d'altitude. «Alors que le vent soufflait très fort, nous sommes venus en aide à des Suisses dont la tente menaçait de s'envoler. C'est là que je me suis occasionné une contracture à l'épaule. Je n'ai pas pu fermer l'oeil de la nuit tellement j'avais mal.» L'euphorie a alors fait place au doute. Les aventuriers allaient devoir reconsidérer la fin du parcours afin de quand même pouvoir atteindre le sommet : ««Nous avons fait le choix de rester un jour de plus à 5500 mètres d'altitude. J'ai pris des anti-douleurs et nous avons attaqué le sommet en un coup alors que le programme initial prévoyait encore une halte à 6000 mètres.»Au programme de la dernière journée : 16 heures de marche pour atteindre le sommet et redescendre au camp de base : «On n'avait pas le choix, on devait absolument attaquer le sommet en un jour car le lendemain une grosse tempête était annoncée.»L'exploit réalisé, Guy Dubart va maintenant se reposer pour pourquoi pas se lancer très bientôt un nouveau défi...