Après la réforme des polices, place à la réforme de la sécurité civile. Elle concerne les pompiers, les plans d'urgence et d'intervention.
C'est un gros chantier. La loi a été votée en mai 2006, mais les arrêtés d'application ne sont pas encore promulgués. Cette réforme entre dans les missions relevant des gouverneurs de Province. La fin du chantier est prévue pour 2010.
Une zone unique pour la province
Où en sommes-nous?
Actuellement, le Luxembourg compte 14 services d'incendie et deux postes avancés à Florenville et La Roche. Cela veut dire 14 zones, 14 commandants, etc.
La réforme prévoit qu'il n'y aura plus qu'une seule zone de pompiers pour l'ensemble de la province de Luxembourg. Les 44 communes se sont mises d'accord pour cette zone unique.
«C'est un choix judicieux parce qu'il permet de réaliser des économies d'échelle, comme par exemple le fait qu'il n'y aura plus qu'un seul directeur, commente le gouverneur Bernard Caprasse. En outre, c'est un choix qui devrait s'avérer payant pour le Luxembourg puisque les critères de financement sont la superficie, la population, la présence d'usine Seveso. Trois critères qui nous sont favorables. Les autres critères sont l'IPP et le revenu cadastral. Et à ce propos, il sera important que nos parlementaires soient attentifs à la manière dont la pondération va s'établir pour que les régions rurales reçoivent leur juste part.»
Cette délimitation de zone a déjà été déposée devant le Gouvernement. Ce n'est pas le cas de toutes les provinces, puisque des problèmes se posent à Liège et Namur.
Le problème du financementPrécisons que lorsqu'on parle d'une zone unique pour la province, il est question de zone de gestion, et non pas de zone opérationnelle.
Bernard Caprasse : «Les offres resteront ce qu'elles sont. Elles seront mêmes augmentées.» En d'autres termes, le territoire provincial sera toujours couvert par les 14 centres d'incendie et les deux postes avancés.
Mieux! D'autres pourraient s'y ajouter. «Il faut tenir compte que le Luxembourg est un vaste territoire et qu'il existe des difficultés d'intervention dans certains endroits, explique le Gouverneur. Je pense au Nord à la région de Duruby ou encore au triangle Bastogne-Neufchâteau-Arlon.»
Se pose aussi le problème du financement. Certes, le ministre de l'Intérieur a précisé que la moitié du coût serait pris en charge par l'Intérieur avec un plafonnement de l'intervention communale à ce qu'elle est aujourd'hui : c'est-à-dire à 11 millions d'€ pour l'ensemble de la province. Le Gouverneur remarque : «Je conçois que les bourgmestres soient particulièrement attentifs à ce problème, car l'expérience des zones de police montre que la neutralité financière annoncée il y a dix ans a été démentie dans les faits.»