Hier, le MR y est allé fort : pour lui, ce sont les «pratiques athoises» qui ont mené à la catastrophe de Ghislenghien!
«Il y a, à Ath, récurrence dans la pratique de réunions fictives donnant lieu à de faux procès verbaux. Ath vaut bien Charleroi. Ce que l'échevin Denis déclare être un détail est en fait un abandon de pouvoir de responsabilités des bourgmestre et échevins en faveur du secrétaire communal, Marc Duvivier. De telles pratiques vont mener, en juillet 2004, à 24 morts et 132 blessés graves...»
Entouré de Laurent Lenoir (président du MR d'Ath), des conseillers Loncheval et Dumont, ainsi que des députés fédéraux Marghem et Crucke, José Pettiaux (chef de groupe libéral au conseil communal d'Ath) n'y est pas allé avec le dos de la cuiller lors d'une conférence de presse convoquée jeudi matin.
N'est-ce pas un peu fort de café que de suggérer qu'il y a eu 24 morts parce qu'il y aurait eu une réunion fictive du Collège échevinal?
«On ne peut pas dévoiler toutes nos découvertes ici, car nous respectons le secret de l'instruction, mais travailler rapidement sous la tutelle d'une seule personne comporte des risques» répond José Pettiaux. «La catastrophe de Ghislenghien a été causée par un ensemble de fautes, dont peut-être celle-là, ajoute Marie-Christine Marghem, qui fut échevine à Tournai. S'il y avait eu un réel débat, peut-être le Collège n'aurait-il pas donné l'autorisation à Diamant Boart. On plaide l'urgence, parce que 200 emplois étaient en jeu? Si urgence il y avait, rien n'empêchait une réunion d'urgence du Collège.»
Reste que, jusqu'à preuve du contraire, il n'est pas établi que la réunion pour le dossier Diamant Boart était fictive. «C'est la parole de l'un contre celle des autres, des échevins disant qu'ils n'y étaient pas, Marc Duvivier affirmant qu'ils y étaient, admet Serge Dumont. Mais des preuves, nous en avons dans d'autres affaires, et nous avons adressé plusieurs courriers au ministre Courard...» «La loi indique qu'aucun acte communal ne peut être soustrait à la connaissance d'un mandataire mais, à Ath, nous n'avons pas accès aux registres du Collège» ajoute M. Dumont. «Le 3 juillet dernier, j'ai demandé à consulter les PV de 2003 à ce jour mais on m'a répondu qu'ils étaient les uns à la reliure, les autres dans l'ordinateur» surenchérit Michel Loncheval.
Le MR d'Ath espère rallier un maximum d'autres élus, y compris du PS, en vue de convoquer un conseil communal extraordinaire «au cours duquel les échevins en place à l'époque des faits diront enfin la vérité.»
Absent du conseil communal athois, Écolo a réagi à l'affaire par voie de communiqué.
«On demande que le bourgmestre et les échevins s'expliquent sans délai, les seules dénégations du secrétaire communal en congé ne suffisant pas, écrit Ronny Balcaen, secrétaire politique local. Si la thèse des collèges fantômes devait se vérifier, la confiance peut-elle encore exister, sachant que beaucoup de membres du Collège de l'époque ont été réélus depuis?»