Les «Verts» montent en ligne sur la libéralisation du marché postal : pour eux, La Poste risque d'affronter des conditions de concurrence déloyales.
Quatre-vingts personnes environ se sont rassemblées samedi après-midi, place de la Monnaie à Bruxelles, à l'appel du Comité «SOS-Poste». Georges Gilkinet se trouvait parmi les manifestants, qui distribuaient des tracts et faisaient signer une pétition pour protester contre la libéralisation de La Poste et la fermeture de nombreux bureaux. Le député fédéral Ecolo namurois revient à la charge ce lundi, en commission de l'Infrastructure de la Chambre. Il demandera aux ministres de l'Entreprise et de la Simplification, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), et de la Fonction et des Entreprises publiques, Inge Vervotte (CD & V) «comment ils envisagent la transposition de la directive européenne sur la libéralisation du marché postal, qui doit être effective en 2011.»
Cette libéralisation est un processus en cours, «contre lequel les Verts ont été les seuls à s'opposer de manière unanime au Parlement européen», rappelle Georges Gilkinet. Faut d'avoir échoué à la bloquer au plan continental, reste à se battre sur ses conditions d'application au niveau national, «puisque la directive laisse à chaque État-membre le soin de définir à quelles conditions les services postaux doivent être libéralisés sur leur territoire».
Ce travail occupe les ministres concernés pour l'instant, note le député «Vert». «Et ce qui transpire de la discussion intercabinets n'est pas particulièrement rassurant : l'obligation de couvrir l'ensemble du territoire faite aux services postaux désireux d'entrer sur le marché belge, ne s'appliquerait que progressivement, au bout de cinq ans. Ce qui laisserait largement le temps de faire d'énormes dégâts sociaux à la Poste. De plus, si des emplois salariés seraient requis pour la récolte et la distribution du courrier avec la possibilité de n'organiser la distribution que deux ou trois jours par semaine ce ne serait pas nécessairement le cas pour son tri, et pour son transport. Dans ces conditions, les opérateurs privés qui apparaîtraient sur le marché belge à partir de 2011 exerceraient une concurrence déloyale à l'égard de la Poste, qui doit, elle, contractuellement couvrir l'ensemble du territoire, et qui travaille avec des postiers salariés».
Fixation de conditions de concurrence loyale à l'égard de l'opérateur historique de la distribution du courrier; et défense de son rôle de service public, voire du rôle social que jouent encore les facteurs auprès de nombreuses personnes doivent, pour Ecolo, constituer la base des conditions d'accès au marché postal belge, que le gouvernement va devoir définir.
«Que des conditions très strictes limitent fortement le nombre de candidats potentiels, voire empêchent tout autre acteur de venir concurrencer la Poste en Belgique ne nous pose aucun problème. Nous pouvons très bien suivre l'exemple de la Finlande qui a défini un cahier des charges tel qu'aucun opérateur n'a pu accéder au marché postal finlandais».
La mise en place d'une commission paritaire pour le secteur postal «afin d'éviter tout dumping social et améliorer les conditions de travail actuelles ou futures des services postaux»; l'amélioration des conditions de travail et le maintien de l'emploi au sein de la Poste «où, si rien ne change, près de 15000 emplois seront perdus d'ici à 2013, au nom de la rentabilité»; des réinvestissements dans la Poste pour la moderniser; et un «réélargissement de ses missions dans le futur contrat de gestion» : Georges Gilkinet formulera des propositions «vertes» concrètes dès aujourd'hui en commission. En espérant être entendu rapidement.