On trouvera en pages 2 et 3 le compte rendu de la soirée de jeudi. Si le débat est resté serein, les positions de certains n'en sont pas moins tranchées. D'une part, on est «pour» ou «contre» la tour. D'autre part, on estime que le stationnement pose problème ou pas. Et puis, il y a tous ceux qui s'interrogent.
Une question de lieuSur la tour d'abord. Premier constat, il s'est trouvé peu de gens pour dénigrer les qualités esthétiques du bâtiment proposé par Nicolas Michelin. Et si sa forme priapismique a été évoquée à mi-mots, ce n'est pas ça qui interpelle.
Au fond, chacun ou presque se dit que Tournai mérite un édifice de cette nature, comprenez du XXIe siècle. Si la tour devait être construite comme extension du musée des Beaux-Arts, ou comme nouvel hôtel de ville au plateau de la gare, tout le monde s'en réjouirait.
Ce qui est sensible, c'est qu'elle soit envisagée à un jet de pierre de la cathédrale et du beffroi. Dans ce débat, il n'y a pas plus de fondement à affirmer que ceux qui la défendent sont soumis au dictat de la nouveauté, qu'il n'y en a à accuser ceux qui s'y opposent d'être des passéistes. Ce n'est pas une querelle d'anciens et de modernes. C'est plus une question de vécu. On s'installe sur la place, on imagine, et la réponse vient, positive ou négative.
M. Michelin a dit que son bâtiment n'avait pas de portée symbolique (NDLR. contrairement à la massivité romane de la foi ou l'élévation gothique vers Dieu). Et pourtant, face aux témoignages de la religion (la cathédrale), et de la force publique (le beffroi), ne peut-on voir dans cette tour l'émergence de la force du capital, certes un peu mis à mal ces derniers temps, mais au destin de phénix... La tour sera privée, comme l'hôtel quatre étoiles sera accessible aux «gens de qualité». Grâce au contrat social, le belvédère, lui, sera accessible aux autres, aux moments perdus des premiers. Une vraie parabole de notre temps.
Remarquez qu'on doit sûrement se tromper puisque c'est le centre-gauche qui est pour et la droite qui est contre... Encore que, et c'est heureux, le positionnement semble moins net que ça.
Une question de placesL'autre affaire, c'est le stationnement. Il y a ceux qui estiment que tout le commerce va péricliter sans stationnement sur le pas de la porte. Il y a ceux qui sont convaincus que dans un coeur rénové les gens retrouveront le goût de la marche...
Qu'il faille soulager le centre du trop plein de voitures, c'est une évidence, mais que celles-ci puissent être stationnées pas trop loin en est un autre. On a beaucoup pinaillé sur le nombre de places perdues en surface : 150 sans doute... Auxquelles il convient d'ajouter celles qu'occuperont les voitures des clients et du personnel de l'hôtel, ainsi que celles des nouveaux habitants et des nouveaux commerçans d'un centre revitalisé.
Autrement dit, la Ville doit se mettre en campagne sans tarder pour décider un investisseur à réaliser le parking si souvent suggéré et toujours reporté sous la place Reine Astrid.