Cette jeune fille pensait profiter de l'absence de ses parents au cours d'un week-end pour inviter ses amies via le réseau social Facebook...

Mal lui en a pris : ce qui devait être un sympathique conclave restreint est devenu en réalité une immense fiesta rassemblant les 400 «amis» ou recensés comme tel de la jeune fille sur le réseau social. On s'en doute : les parents ont approché la crise d'apoplexie à leur retour!

Photos de majorette

L'histoire, réelle, peut évidemment prêter à sourire, mais elle est néanmoins révélatrice de dérives que peut entraîner une utilisation sans limites d'un réseau social en ligne, Facebook en tête. Et si les conséquences sont limitées dans le cas présent, elles peuvent néanmoins s'avérer tout autres pour tout qui ne prend pas garde aux informations diffusées sur le réseau.

Ce candidat à un haut poste à responsabilité dans une banque américaine a ainsi appris à ses dépens qu'il ne valait mieux pas déposer des photos, surtout celle où il posait déguisé en voluptueuse majorette teutonne sur un réseau social très fréquenté, en ce compris par son... potentiel futur employeur.

Et rien ne dit qu'il en aurait été différemment si les photos litigieuses avaient été tout bonnement enlevées...

«D'une manière générale, l'impossibilité d'oublier constitue un peu le drame des réseaux sociaux, souligne Laurent Heslault, spécialiste européen en matière de sécurité sur internet pour la société Symantec, spécialisée sur le sujet. On y dépose des informations parfois très personnelles, comme des photos, des emplois du temps, des opinions personnelles, des orientations sexuelles. Et ce en pensant pouvoir les effacer rapidement.»

Le hic, c'est que, justement, même effacées, les données perdurent dans le temps. Quelqu'un peut très bien avoir récupéré ces données et les conserver. «Et quand elles ressortent trois ans plus tard, ça peut faire mal. En gros, je dirais qu'il faut agir sur les réseaux sociaux comme on agit dans la vie : avec prudence et du bon sens. Et ne pas donner des infos personnelles, en pensant qu'elles sont inaccessibles...»

Usurpation de nom

Car des personnes mal intentionnées, genre cyberpirate, peuvent, elles, faire du vrai dégât...

Un exemple? N'importe qui peut découvrir en deux clics de souris, sur le net, qui sont les amis de qui que ce soit, s'ils sont enregistrés sur des réseaux sociaux.

«Il suffit à une personne malintentionnée, en usurpant le nom d'un des amis de la cible et en créant une adresse au nom de ce dernier, d'envoyer un courriel à la cible en lui demandant de télécharger des informations sur un de ses centres d'intérêts.»

Sauf que sous le couvert d'infos diverses à télécharger se cache un programme caché, du genre perfide, lequel scanne le disque dur en quête de données vraiment très personnelle (codes divers, numéro de comptes en banques, etc.) à renvoyer ensuite au malveillant.

On pourrait encore évoquer les lacunes des systèmes de sécurité de certains réseaux sociaux, par lesquelles les pirates se jettent du bout de leurs doigts boudinés pour y faire la grande moisson.

Inquiétant? Assurément. Pas question toutefois de sombrer dans une psychose. Ce type d'attaque reste relativement faible en regard du nombre d'utilisateurs de réseaux sociaux. Une bonne protection technique de l'ordinateur et, surtout, un peu de bon sens peut déjà éviter la grande majorité des mauvaises surprises.