«Je ne veux pas de cela! Je veux autre chose : un projet qui prenne en compte les besoins des commerçants et des riverains mais aussi la mobilité...»
En s'exprimant ainsi devant la presse,la chef de file MR Marie-Christine Marghem résume tout ce qu'elle pense du projet de revitalisation du «Quartier Cathedral» récemment présenté à Tournai par son auteur, l'architecte parisien Nicolas Michelmin. Elle crie d'ailleurs haut et fort que, selon elle, il ne s'agit pas d'un projet de revitalisation si ce n'est exclusivement touristique mais plutôt d'un «geste architectural».
Elle évoque notamment la tour que nous présentions dans notre édition de vendredi, et qui pourrait être située à une trentaine de mètres de la nef romane de la Cathédrale dont les clochers culminent à 83 mètres. «Rien de comparable avec ce qui existe à Barcelone ou à Amiens comme le cabinet Michelin l'a laissé entendre», estime la conseillère MR. «Dans la première ville, la tour est en réalité distante de 1250 mètres de la cathédrale qui est, elle même, un bâtiment moderne. À ses pieds, on trouve un parking de 754 places. À Amiens, elle est éloignée de 500 m. avec un parking souterrain de 490 places sur le site et un autre de 720 places à proximité. À Tournai, elle est à 30 mètres et on va supprimer plus de 200 places de parking. Cherchez l'erreur.»
Pour Marie-Christine Marghem, cette suppression de nombreux emplacements de stationnement est en soi une entrave à une véritable revitalisation urbaine et, surtout, commerciale de la cité. Le nombre de parkings qui disparaîtraient dans le périmètre rénové, la conseillère MR l'a calculé notamment sur base d'un constat d'huissier à qui elle a demandé d'établir un relevé des places potentielles dans le quartier (à l'exception de la place Saint-Pierre et des petites rues adjacentes). Elle s'est également appuyée sur les esquisses présentées par Nicolas Michelin. Car, lorsqu'elle lui a demandé combien de places de parking resteraient disponibles sur le site, ce dernier aurait répondu à deux reprises : «peu». Selon son estimation, Marie-Christine Marghem considère que ce «peu» ne représente guère plus d'une cinquantaine de places, dont certaines dévolues à des zones de chargement/déchargement.
Mauvaise réflexionD'une manière générale, Marie-Christine Marghem estime encore que le projet Michelin comporte,tel qu'il a été présenté, des imperfections qui relèvent d'erreurs grosssières. Elle épingle notamment un dessin représentant la réflexion de l'image de la Cathédrale sur le miroir parabolique dans le patio de l'ancienne banque Paribas.
«Le dessin est à l'envers. On voit s'y réfléchir les tours arrières de la Cathédrale. C'est totalement impossible, ce sont les tours Brunin et Saint-Jean dont on devrait en réalité voir le reflet. C'est une imprécision d'autant plus grossière que les tours sont toutes reconnaissables. Ailleurs, on peut voir dessinés des pare-soleil sur les façades Nord de la rue de la Cordonnerie... Ce n'est pas sérieux.»
Marie-Christine Marghem n'est pas avare d'exemples du même style. Elle montre encore du doigt la passerelle qui assure la jonction entre le point le plus haut et le point le plus bas du site, soit pour un dénivelé d'un peu plus de trois mètres.
«On nous annonce une passerelle de 30 mètres de long, ce qui signifie une pente de 10 %. C'est impratiquable pour les personnes à mobilité réduite. Pour qu'elle leur soit accessible, il faudrait une passerelle de 68 m. de long. C'est irréalisable!» Bref, la conseillère MR estime que Nicolas Michelin doit revoir sérieusement sa copie, tenant compte du fait que la revitalisation ne se limite pas à l'érection d'un hôtel de luxe.
«D'autant plus que le cabinet sera appelé à faire travailler trois personnes par projet (il y en a 16) durant trente mois pour l'établissemnt des plans. Si l'on tient comte du coût réel d'un architecte français, cela représenterait une dépense tout à fait irréaliste de 18 millions d'€. On en sera pas là, mais je serai prêt à parier que l'on ne sera pas loin des 8 millions d'€ à l'issue des négociations en cours.»