Un robot capable de porter des plaques de verres de plusieurs centaines de kilos, ou une machine à têtines pour monter 50 000 biberons par jour. Quand il s'agit de concevoir des outils industriels, depuis le dessin des plans et la phase expérimentale jusqu'à la ligne de production et ses impératifs de rendement, Socabelec n'a pas peur de grand-chose. L'entreprise basée à Jemeppe-sur-Sambre est notamment un des leaders mondiaux dans la fourniture de robots pour l'industrie du verre.

Pourtant, il y a quelques années, spécialisée dans la fabrication de câbles à l'époque, elle a connu des moments très difficiles. Elle n'était pas loin de la fermeture, puis elle a osé évoluer : «En 96, Socabelec employait 50 personnes, rappelle son patron Marco Veri. Aujourd'hui, nous avons 165 collaborateurs en Wallonie, et une petite quarantaine dans nos filiales au Brésil, en France, au Kenya.»

C'est ça que le ministre-président de la Région wallonne Rudy Demotte était venu voir. Dans le cadre du plan Marshall, il a entamé un tour de Wallonie à la rencontre des acteurs du monde économique et des citoyens. Pour, en gros, chercher les bonnes idées de relance de la machine économique. Socabelec en maîtrise les rouages aussi bien que ceux de ses robots.

Un exemple : Rudy Demotte vient de se voir expliquer le fonctionnement d'une première mondiale que Socabelec va présenter au salon mondial du verre de Düsseldorf. Le «Dioptrix» un nouveau système de détection des distorsions optiques sur les pare-brises. Rudy Demotte, donc, écoute, puis demande comment Socabelec gère, avec ses clients, la question de la confidentialité industrielle : «Nous sommes tenus à une certaine confidentialité, c'est évident, répond Marco Veri. Mais d'un autre côté, notre entreprise doit vivre et la commercialisation des robots à de multiples clients est la clé de la rentabilité. Mais si nous en fabriquons un pour un client, nous acceptons qu'il en garde l'exclusivité deux ou trois mois...pour autant qu'il paie un peu plus cher.» Savoir se vendre, savoir vendre, savoir oser. C'est ce que la Wallonie doit entreprendre. Socabelec fait partie de ces ingénieurs qui ont le brevet pour ça...Rudy Demotte serait-il venu faire de l'espionnage industriel?