La prévenue est arrivée au milieu des années '90 via un réseau de traite des êtres humains. Elle a réussi à racheter sa liberté et est devenue prostituée. Après quelques mois, elle a lancé son propre réseau.
Elle a fait venir des femmes du Nigeria. Afin d'éviter qu'elles ne soient interceptées par la police, elle a fait appel à des Africaines qui avaient été régularisées en Belgique ou qui bénéficiaient d'autorisations de séjour. Les prostituées venues du Nigeria payaient entre 200 et 300 euros par mois pour les papiers de ces femmes.
Le réseau a été démantelé l'année dernière. Le parquet a requis de lourdes peines ainsi que la confiscation de trois immeubles que la prévenue aurait acheté grâce à ses gains. Le tribunal ne l'a pas suivi. Il l'a condamnée à trois ans de prison ferme et a ordonné la confiscation, non pas des trois immeubles, mais de 94.000 euros.
Quatre Nigérianes qui avaient "loué" leurs documents d'identité ont bénéficié de la suspension du prononcé.