Les ambitions de l'ELA sont énormes. L'objectif à moyen terme est de former annuellement 8000 personnes pour un total d'environ 40 000 heures de cours et ce dans une palettte de 32 langues. Les formateurs seront tous universitaires (ou assimilés) et enseigneront leur langue maternelle à quelques rares exceptions près.

À Tournai plutôt qu'à Lille

Marc Vandenhaute, directeur du CLL, expose que le centre de Louvain-la-Neuve avait songé à s'installer à Lille voici quelques années. L'idée d'intégrer l'Eurométropole était donc déjà bien avancée. Mais sous l'impulsion du CHOQ, le conseil de développement de Wallonie picarde a su convaincre les néo-louvanistes d'opter pour Tournai. Une réeelle opportunité pour les gens de la région, faut-il le dire.

L'ELA veut devenir ni plus ni moins que le centre de référence pour les langues au coeur d'un bassin de population de 3 millions d'habitants (Lille-Kortrijk-Mouscron).

Présence + web

Le CLL a les moyens de ses ambitions. Son public (chiffres de 2007) est constitué d'entreprises (55 %), de particuliers (31 %), mais également d'enfants et d'ados (14 %). Le CLL organise encore des séjours linguistiques dans 13 pays.

En 2007, 600 formateurs ont dispensé 188 000 heures de cours auprès de 43 000 personnes dans 36 langues... à Louvain-la-Neuve, Bruxelles, Namur et Verviers.

Enfin, après avoir acquis la société Ella, le CLL développe une plateforme d'apprentissage en e-learning (www.ella.eu). Pour la plupart des langues, 500 heures de formation sont disponibles.

La formule d'avenir consiste d'ailleurs en un mixage de cours «présentiels» et de cours sur le net (éventuellement on line).

Marc Vandenhaute l'affirme : «La spécificité des formations CLL c'est l'adaptabilité. Nous allons toujours de l'apprenant vers le cours. Il y a un fil rouge bien sûr, mais chaque formateur a pour première mission de comprendre quels objectifs poursuit celui qui se veut apprendre.» Même chose pour les horaires qui sont adaptés aux exigences des clients.

Pas que le néerlandais

Chacun se doute qu'à Tournai comme ailleurs en Belgique, les langues les plus demandées seront le néerlandais, l'anglais et le français. Mais les promoteurs de l'ELA ont la conviction qu'il se trouvera un public, plus restreint certes, mais réel quand même, pour des langues moins utilisées voire rares.

En l'absence du président du conseil de développement, Rudy Demotte lui-même, Pierre Vandewattyne, le directeur d'Ideta, a rappelé que parmi les axes du «projet de région Wallonie picarde 2025» figure la formation qualifiante. Et que l'apprentissage des langues en est évidemment un des chevaux de bataille.

Robbie Van Daele, le président de la Chambre de commerce et industrie, a relevé qu'il ne connaissait pas une entreprise qui n'ait pas un jour été confrontée à la nécessité du multilinguisme. En Flandre bien sûr, mais aussi en Wallonie picarde, certaines offres d'emploi restent vacantes par méconnaissance des langues. Il voit donc dans l'arrivée d'ELA, une manière de dire concrètement «ça suffit!» aux éternelles lamentations sur le sujet.

Pascal Deleersnyder, directeur du CHOQ, estime que l'objectif est d'atteindre une masse critique pour qu'il y ait un signal fort. Celui qui ferait que les langues soient vécues comme l'atout de cette région et non plus comme un obstacle que l'on essaie de vaincre tant bien que mal.

Quant au bourgmestre Christian Massy, après avoir rappelé l'importance des langues dans une ville à vocation touristique, il a assuré qu'il serait l'un des premiers inscrits dans le module «espagnol».G.E.