Dimanche sera le grand jour. Le Namurois Frédéric Ledoux et toute son équipe projettront Une chaîne pour deux devant leur premier public. C'est à Acinapolis que ça se passe, mais inutile de pousser les portes : l'événement se vit à bureau fermé. Pour les non-invités, c'est jusqu'au Fiff qu'il faudra patienter : des rendez-vous sont fixés le 28 et 29 septembre.

Teambuilding

Un grand jour, oui. Parce que Frédéric Ledoux, qui a tout envoyé valser, un jour, pour faire du cinéma, voit ici l'aboutissement d'un projet longuement maturé. Auteur de plusieurs documentaires et d'un court-métrage de fiction, Jour de chance, l'homme travaille depuis six ans sur le long. «Nous n'avions aucun financement pour le film, alors j'ai investi, mon équipe a investi, et les comédiens ont accepté de travailler à tarif réduit pour faire aboutir l'aventure.» Anecdote piquante : Philippe Carcassonne, grand producteur français (le seul à avoir été césarisé pour Mademoiselle), était emballé par le projet. C'était avant que sa boîte soit rachetée par Pathé, qui a refusé de financer le film, dont le budget évalué à 5 millions € était jugé... trop petit. La Communauté française n'est pas non plus intervenue financièrement.

Le film est pourtant devenu réalité. Cette comédie sociale, qui voit s'affronter deux équipes d'ouvriers soumises à compétition dans une usine de vélo nouvellement intégrée dans un grand groupe aux méthodes de gestion «modernes», convoque à l'écran des amis belges comme Renaud Rutten, qui trouve enfin un premier grand rôle. Nicolas Buysse, en moniteur de Teambuilding. Stéphane de Groodt en consultant sans scrupule. L'immense Patrick Descamps. Ou encore Lubna Azabal...

Merci le paraclub de Temploux!

Tourné dans une usine du Hainaut rénovée pour l'occasion, avec une chaîne de montage vélo prêtée, tourné aussi à l'aérodrome de Temploux (une scène de saut spectaculaire réalisée avec la complicité et le savoir-faire du club parachutiste local), Une chaîne pour deux, qui lorgne par sa thématique du côté du cultissime Que les gros salaires lèvent le doigt, est aussi moins cynique. «J'ai vraiment voulu faire un film populaire, dit Frédéric Ledoux. La vie est ainsi faite qu'il y a assez de côtés sombres. Je promets une chose : les gens sortiront de mon film plus légers qu'ils n'y sont entrés.» les premiers extraits que nous avons pu voir hier après-midi lors des tests de projection laissent en effet augurer du meilleur. Résultat à l'écran dimanche pour 300 heureux, puis au Fiff. Et début octobre en salle.