"Tout le monde, ici, chez Google, passe la plupart de son temps à travailler dans un navigateur internet. On cherche, on chate, on envoie des mails. Et durant notre temps libre, on achète en ligne, on paye ses factures, on s'informe et on reste en contact avec les amis. Toujours en utilisant un navigateur. Et à force de passer du temps online, on s'est sérieusement mis à imaginer quel genre de navigateur pourrait naître si on commençait à construire sur les meilleurs éléments d'ici, chez Google."

On n'est jamais mieux servi que par soi-même. C'est ce qu'on se dit chez Google, qui lance ce mardi une version beta de son propre navigateur, le tout clinquant Chrome. Comme la firme de Mountain View le vante pompeusement sur son blog, Chrome doit mieux répondre aux exigences du web actuel, avec ses applications incessantes, ses vidéos et sa gourmandise en mémoire vive.

Nickel Chrome
 
Google a donc dessiné une architecture novatrice pour permettre à Chrome de supporter nos besoins multi-tâches. Le navigateur est basé sur des "tabs" (en français "onglets") qui fonctionnent chacun séparemment. Ainsi, chaque processus demandé par le web - une vidéo sur YouTube, les encombrantes applications Java, l'e-mail, un lecteur radio... - et tous ses besoins en mémoire sont gérés par une "tab" différente. Celle-ci apparaît graphiquement dans le navigateur. Et une fois que la "tab" est fermée, toute la mémoire qu'elle utilisait est récupérée pour d'autres tâches.

Cela permet aussi de fermer une application web qui plante sans redémarrer toute sa session, voire l'ordinateur lui-même. Le tout est supporté par un moteur développé au Danemark, V8, que Google annonce évidemmment comme ultra-rapide.

Manger le fromage du renard

L'innovation principale de Chrome repose donc techniquement sur les "tabs". Mais l'utilisation quotidienne du navigateur par l'internaute lambda se fait aussi via celles-ci. Chaque "tab" possède ses fonctions de base: précédent, suivant, home page... Comme dans Firefox et ses célèbres onglets, si ce n'est que les "tabs" sont disposées en haut de l'écran.

La fenêtre URL de Chrome, baptisée "Omnibox", ressemble presqu'au pixel près à la barre d'adresses intelligente du navigateur au renard, auquel Chrome doit beaucoup. Cette "Omnibox" a non seulement fonction de barre d'adresse, mais permet aussi de naviguer dans son historique ou les favoris, via mots-clefs, ainsi que sur des pages suggérées.

Autre innovation: la "nouvelle tab" qui s'affiche lorsqu'on demande un nouvel onglet. Dans la plupart des cas chez l'utilisateur peu chevronné sur Explorer ou Mozilla, c'est la page d'accueil qui s'affiche lors de cette opération. Voire une page blanche. Avec Chrome, la nouvelle page affiche en mosaïque les 9 sites les plus visités sur la session, ainsi que les 4 recherches les plus fréquentes, les onglets fermés récemment et les récents favoris enregistrés.

Vie privée et sécurité 

Enfin, une "tab privée" permet de surfer sans garder trace des pérégrinations dans l'historique ou les cookies. "Pour garder secrets de jolis cadeaux achetés en ligne", comme l'explique Google dans la bande dessinée qui détaille les spécifications de Chrome.

Signalons aussi que la sécurité de Chrome est renforcée. Et que Google compulse chaque jour des milliers d'adresses web à risque concernant les virus ou les tentatives de fishing pour éviter toute contamination.

Enfin, Google tient compte de l'évolution actuelle du net et, comme pour Firefox, ouvre ses codes de programmation. Les internautes désireux d'améliorer la bête le peuvent. Les meilleures innovations pourraient bien se retrouver dans les versions suivantes. Objectif avoué: faire reluire le Chrome sur toutes les bécanes du monde.

Julien RENSONNET