Coup de tonnerre dans l'arbitrage provincial. Avant peut-être un véritable séisme.

Jean-Marie Dans, considéré comme l'un des meilleurs assistants de D1, a tiré un... trait définitif sur l'arbitrage. Il était pourtant prévu hier soir encore à Tubize - FC Bruges, avec une rémunération de... 400€ à la clef. En fait, le citoyen d'Aye s'est vu décerner son C4 par la CCA. Et ce, pour avoir échoué deux fois aux examens écrits. «Il fallait obtenir 7 sur 10; j'ai eu 6 lors du premier et 4 lors du repêchage», confie-t-il.

Jean-Marie Dans est loin d'être le seul arbitre de supérieure dans ce cas. En fait, d'après les statistiques en notre possession, quelque 40 % des francophones ont échoué contre 25 % de néerlandophones.

Nonante-cinq arbitres étaient concernés par ces examens. Dont d'autres provinciaux : Fabian Assenmaker, Patrick Lejeune, Michaël Rode ainsi que nos deux néo-promus, Nicolas Lamboray et Arnaud Van Binst.

Assenmaker en suspens

Tous les cinq ont également échoué, mais les quatre derniers nommés n'ont pas encore présenté leur seconde session. Celle-ci est programmée jeudi prochain 4 septembre.

Le Barvautois Fabian Assenmaker, assistant en D3, lui, a usé de son joker et comme Jean-Marie Dans, il n'a pu saisir sa chance.

Toutefois, à la différence du premier, le Barvautois n'a pas (encore?) été averti qu'il devait plier bagages.

Il faut savoir que Jean-Marie Dans faisait partie du lot d'arbitres dotés d'un statut professionnel, tandis que le second, lui, est répertorié parmi les arbitres du football amateur. Son cas est actuellement en suspens à la CCA. En effet, la décision finale en ce qui concerne Fabian Assenmaker, mais aussi les «élèves» de seconde session sera prise lors de la prochaine réunion de la CCA, soit le 6 septembre, au surlendemain des examens.

«Mon livre de chevet»

Jean-Marie Dans peut, bien entendu, se remettre à disposition de la province de Luxembourg, mais il n'en fera rien. «Je pense qu'il est temps de me consacrer un peu plus à ma famille, souligne celui qui vient tout juste de fêter ses 43 ans. Je connaissais les règles du jeu : j'avais signé un contrat de travail et je savais qu'en cas d'échec, la rupture était unilatérale.»

Mais comment donc un arbitre de cette valeur peut-il connaître une telle désillusion?

«Je préfère ne pas polémiquer. L'un de mes collègues de D2 m'a contacté afin de déposer plainte en justice. Mais je ne le ferai pas. Même si je dispose d'une kyrielle d'arguments», poursuit Jean-Marie Dans.

Et de souligner d'abord que le questionnaire à choix multiples a été élaboré par un néerlandophone. «La version française pouvait parfois poser problème. Mais le nombre d'échecs le démontre à lui seul : les questions étaient réellement tirées par les cheveux. Car je vous l'assure, en matière de règlement, habituellement, je suis incollable. Les lois du jeu, c'est un peu mon livre de chevet!»

Voilà, en tout cas, une nouvelle dont se serait bien passé un arbitrage luxembourgeois en quête de renouveau. Du côté de la CPA, personne n'ose imaginer de nouveaux échecs jeudi prochain. Mais avec autant d'arbitres en difficulté, on peut aussi penser que les «profs» de la CCA reverront leur copie, ou alors ils risquent bien de devoir eux-mêmes reprendre le sifflet.