Les 24 Heures en course libre fêtent leur 30e édition cette année. On pouvait s'attendre à ce que les organisateurs mettent les petits plats dans les grands. C'est un euphémisme au vu de l'affiche du concert qu'ils nous proposent le vendredi soir : Tiken Jah Fakoly, figure de proue de la nouvelle scène reggae africaine sera à Mouscron le dernier week-end de septembre.

Tous les Mouscronnois connaissent les 24 Heures en course libre... et pour cause : la manifestation préférée des jeunes de la Cité des Hurlus connaît toujours un vif succès. Chaque année depuis 1979, les organisateurs, l'Espace Citoyen et le Jogging Club de Luingne, proposent une course-relais de 24 heures aux accents festifs et humanitaires sur la plaine de Neckere, le dernier week-end de septembre. Et depuis plus de dix ans, les 24 heures se sont transformées en 48 heures, puisque la fête commence dès le vendredi soir avec un concert.

On se souvient des éditions précédentes avec Daran et les Chaises, Sttellla, Soldout, Mud Flow, Le Peuple de l'Herbe, Tryo, Indochine, Zita Swoon, Puppet Mastaz, Sharko, Les Wampas, etc... Cette année, l'affiche du vendredi soir sera grandiose avec Tiken Jah Fakoly, une des stars incontestées avec Alpha Blondy du reggae africain. Il était en tête d'affiche samedi dernier au festival Couleur Café, en avril au Printemps de Bourges, il sera cet été aux Francofolies de La Rochelle et de Montréal et, en superbe «cadeau d'anniversaire», il sera sur la scène des 24 Heures pour la 30e édition.

Descendant d'un chef guerrier de l'ethnie malinké, Tiken Jah Fakoly grandit en Côte d'Ivoire dans une famille de griots, protecteurs de la tradition orale. Très jeune, il cultive son engouement pour la musique et la danse, avant de laisser libre cours à sa passion en 1988. Deux albums suffisent à le faire connaître dans toute l'Afrique : «Djelys» et surtout «Missiri», dans lequel on découvre son engagement politique.

Au-delà de son talent d'auteur-compositeur, l'artiste aborde des thèmes chers à son peuple, et c'est en tant que porte-parole qu'il se tourne vers l'international. À Paris, il joue sur la péniche Makara ou au Bataclan, avant de partir en tournée aux États-Unis. Pendant ce temps, il travaille sur un nouvel album, «Mangercratie». Le groupe Sinsemilia lui propose de l'accompagner durant sa tournée des festivals de l'été ; il se produira ainsi sur de nombreuses scènes à travers la France. De rencontres en succès, Tiken Jah Fakoly devient une référence. On le sollicite régulièrement lors de cérémonies emblématiques et chacun de ses albums - «Cours d'histoire» (1999), «Françafrique» (2002), «Coup de Gueule» (2004) et tout récemment «L'Africain» (2007) - fait l'effet d'un coup-de-poing. Pourtant, durant cette période, il ne peut retourner dans son pays, où sa vie est ouvertement menacée. Souvent considéré comme le successeur d'Alpha Blondy, Tiken Jah Fakoly préfère mettre son art au service de la défense de son pays, en criant haut et fort les inégalités, les injustices et les horreurs.