Susciter le débat, au niveau écologique, mais aussi aux plans économique et social avec, en point de mire, une remise en question de nos modes de vie. Telle est la démarche des marcheurs de l'«après-croissance» qui, depuis la fin juin, ont pris la route ou la prendront, pour une étape ou plus si affinités.
L'an passé, au rythme de leur âne fétiche, ils avaient notamment traversé le Sud-Hainaut et le Namurois. Cette année, ils seront de passage dans la région de Charleroi où six étapes sont programmées, à Monceau, Pont-à-Celles, Charleroi, Acoz, Aiseau-Presles, Balâtre (Jemeppe-sur-Sambre) et Fleurus.
«Objecteurs de croissance»Comme son nom l'indique, la marche, indépendante de tout parti politique, syndicat ou association, rassemble des «objecteurs de croissance». Autrement dit des citoyens qui s'interrogent sur la croissance économique de la production et de la consommation dans les pays fortement industrialisés.
Car cette croissance, devenue à leurs yeux une fin en soi, sans pour autant répondre aux attentes en termes d'emploi, démontre qu'elle a amené le monde occidental à un niveau qui va bien au-delà d'une répartition équitable de l'accès aux produits et aux ressources naturelles, la crise énergétique le rappelle cruellement... Sans parler des dégradations environnementales. Et ce n'est pasle fameux «développement durable» qui, pour les objecteurs, risque de changer grand-chose : ce concept flou ne sert qu'à tirer encore un peu plus sur une corde qui, de toute façon, se brisera...
Moins de biens, plus de liensLes objectifs de la marche sont plus concrets. C'est un lieu d'échanges, de débats, de partage, de vie communautaire, bien dans la lignée du slogan décroissant «moins de biens, plus de liens». C'est prendre le temps d'aller à la rencontre des autres, marcheurs ou hôtes qui les accueillent au cours de leur périple.
La démarche est aussi très orientée vers la nature et le respect de celle-ci, notamment en veillant à réduire son empreinte écologique et en privilégiant des denrées issues de circuits courts de production, bio en particulier. Enfin c'est nourrir sa réflexion avec des initiatives permettant le respect de la planète et de ceux qui y vivent.
Chacun, quel que soit son âge, peut prendre part à la marche, le temps qu'il le souhaite, et à tout moment. Les étapes ne dépassent pas dix bornes par jour. Pas besoin de provisions : la nourriture est achetée au jour le jour chez les producteurs locaux pour un prix très modeste. Un équipement léger de camping est, en revanche, souhaitable.
Infos : www.demarche.org/2008