Quelques heures avant la réunion d'information du public, hier à Andenne, les promoteurs de la carrière Mâle Plume ont présenté leur projet à la presse. Ou plutôt re-présenté leur projet, tant il a peu évolué depuis la première mouture rendue publique en mars dernier. La principale modification réside dans le phasage de l'exploitation. «On fonctionnera par phases plus courtes, d'une durée de cinq ans maximum, et nous réhabiliterons au fur et à mesure», indique Charles de Borman, le porte-parole de la SA Mâle Plume. On avancera par sections de 100 mètres, en commençant par le sud (côté Goyet). Des digues provisoires seront constituées pour maintenir l'eau dans les zones réhabilitées et laisser les ouvriers au sec.
«À aucun moment le site ne sera entièrement découvert, comme le laissent croire les simulations réalisées par les opposants au projet», assure Charles de Borman, en réponse aux impressionnantes images de synthèse en 3D diffusées par l'ASBL «Non à Mâle Plume» (nos éditions d'hier). Ces simulations sont fausses, estiment les promoteurs de Mâle Plume, essentiellement parce qu'elles ne tiennent pas compte du phasage et de la réhabilitation progressive du site, qui sera garantie par un cautionnement.
Faire évoluer le projetPour le reste, il s'agit toujours d'extraire le calcaire des 90 hectares du bois de Mâle Plume (environ 80 millions de tonnes en 40 ans) et de tout évacuer par la Meuse, via un tunnel de 1,5 km abritant une bande transporteuse. «Il s'agit bien d'un projet, précise encore Charles de Borman. Cela veut dire qu'il pourra évoluer en fonction des observations qui nous seront faites.»
On ne connaît pas encore par exemple avec précision le tracé du fameux tunnel vers la Meuse. «On décidera d'après les conclusions de l'étude d'incidence», note Charle de Borman. Le porte-parole reste confiant sur la faisabilité tant technique que juridique de ce tunnel. Si un riverain refuse le droit de passage sous sa propriété, Mâle Plume dit avoir la possibilité légale d'obtenir l'expropriation du sous-sol...
Enfin, des merlons arborés, réalisés avec les terres de découverture, isoleront visuellement et acoustiquement la carrière, dont toutes les installations seront sous le niveau du sol. Concasseurs, cribleurs et bande transporteuse seront capotés pour limiter bruit et poussière. Côté Meuse, une goulotte télescopique aura le même rôle lors du chargement des barges six à sept barges quotidiennes. A.Deb.