L'UEFA protège ses images de l'Euro et fait partie du top des censeurs.
Un porno amateur, un trailer de Harry Potter, des animations japonaises, un clip de Coldplay, un extrait de Cauet… 10% des vidéos sont retirées de YouTube. YouTomb les répertorie et donne les raisons de leur retrait.
Kevin Driscoll est fan des Red Sox de Boston. Lors d’un match de son équipe de base-ball favorite, il filme ses potes qui regardent la rencontre avec lui à la télé. Il poste ensuite 14 secondes sur YouTube. Mais quelques jours plus tard, son chef d’œuvre est éjecté du site de partage de vidéo à la demande de la Major League Base-ball, détentrice des droits sur le base-ball américain. Selon Driscoll, le film comptait 7 secondes d’images fugitives du terrain des Red Sox…
Heureusement, en plus d’être fan des Red Sox, Driscoll est étudiant au MIT, le Massachusetts Institute of Technology. Avec ses collègue, il commence donc à tracer les vidéos de YouTube pour observer celles qui disparaissent. Il constate que 10% des films passent à la trappe et décide d’en garder un trace. Il vient donc de lancer YouTomb, un site qui recense toutes les vidéos évincées de la plateforme. Mais surtout qui en explique la raison et en liste les demandeurs.
TV Tokyo, Viacom… et TF1
Beaucoup de vidéos sont donc supprimées parce qu’elles ne respectent pas les conditions d’utilisation de YouTube. La pornographie, l’obscénité et les violations de copyright sont donc légion sur YouTomb. Au premier rang des « censeurs » se trouvent évidemment les entreprises médiatiques, TV Tokyo, Viacom, Warner, NBC, Fremantle ou la Fox en tête. Mais RTL, la RAI, HBO et TF1 sont aussi dans la liste.
Autres détenteurs de droits télévisuels très regardants: les ligues sportives. La ligue mondiale de catch (WWE) est la plus gourmande puisqu’elle a déjà exigé la suppression de 250 vidéos. L’UEFA arrive sans surprise au second rang avec près de 100 vidéos exclues, dont de nombreuses pries lors de l’actuel Euro2008. Les ligues américaines (NFL, MLB, NBA), la Formula One Management (FOM), la Bundesliga allemande ou le club d’Arsenal sont aussi dans le classement. On y rencontre enfin des éditeurs de jeux vidéo comme Take 2, qui protège son célèbre GTA. Et plus surprenant, mais à peine, la secte de l’église de scientologie.
Ne pas confondre pirate et créateur
Concrètement, le MIT ne poste pas toutes ces pépites censurées sur un réseau alternatif. Seules quelques captures d’écran en rappellent le contenu. Ses chercheurs ne veulent pas militer contre les règles édictées par YouTube, mais se posent en analystes sociologiques. Ils décryptent donc les statistiques de chaque film, ses chiffres de fréquentation et sa durée de vie.
YouTomb cherche en sus à montrer que les robots automatiques mis en place par YouTube pour détecter les violations de copyright ont leurs faiblesses. La principale est qu’ils ne tiennent pas compte du « fair use », une disposition légale américaine qui interdit plagiat et piratage, mais autorise la réutilisation, le détournement parodique. YouTomb en fin de compte, plaide pour un aménagement des notions de copyright actuelles, obsolète pour notre société ultraconnectée.
Julien RENSONNET