Le 10 juin 2007, la Wallonie basculait à droite. Le MR enregistrait un succès historique en ralliant plus de 30% des électeurs wallons. Le parti de Didier Reynders prenait le leadership sur la Wallonie. Le Parti socialiste s'effondrait. Nous avions été les seuls à l'annoncer dans un sondage paru peu avant les élections.
Un an plus tard, nous vous annonçons en primeur un retour de manivelle. Notre sondage réalisé cette fois encore par l'Institut Dedicated Research redonne le PS en tête, devant le MR. Selon Marc Dumoulin, directeur de l'institut de sondage, ce serait «reparti pour le PS, qui profite de sa position au pouvoir, tandis que pour le MR, on observe une perte de vitesse, un désamour». Est-ce «un effet Demotte» qui explique cela? Le nouveau ministre-président de la Région wallonne passe plutôt bien dans l'opinion.
Prudence, tout de même. Le PS ne devance le MR qu'à un quart de point près (0,21%). Un fifrelin, un rien, un frémissement. Mais Elio Di Rupo savourera cette revanche symbolique. Didier Reynders, lui, se consolera en se disant sans doute qu'un seul sondé sur les 607 Wallons interrogés a peut-être fait la différence.
Une chose est certaine: PS et MR sont à nouveau dans un mouchoir de poche qui flirte avec les 27% d'électeurs. La guerre entre les deux poids lourds pour être le premier en Wallonie est plus que jamais ouverte. Elle fera rage jusqu'au 7juin 2009, date officielle des prochaines élections.
Le cdH est en pleine progression
Mais l'enseignement le plus net de notre sondage est en fait ailleurs. Il est dans la progression exceptionnelle, et constante, du cdH. Les humanistes passent la barre des 20%. En un an, Joëlle Milquet a gagné 4,67% d'électeurs supplémentaires. Et tous les indicateurs lui donnent une belle marge de progression pour les mois à venir.
Joëlle Milquet a évité (pour l'instant en tout cas...) la guerre de succession. Elle reste la présidente, celle qui fait la pluie et le beau temps des humanistes. En même temps, en montant vice-Première ministre au gouvernement fédéral, elle a pris de la hauteur. C'est presqu'une autre femme. Elle se montre plus sereine, épanouie, et elle laisse plus de la place «aux autres». Les autres? André Antoine, par exemple. Le ministre wallon a sans doute marqué des points en tapant du poing contre les chauffeurs de TEC. Position dure et bien à droite qui a pu plaire.
Le cdH profite réellement de son retour aux affaires. C'est le seul. Le MR souffre peut-être de son écartèlement entre son opposition wallonne et sa participation fédérale. D'autant plus depuis que le PS est remonté dans la barque fédérale malgré sa défaite électorale.
Restent les écologistes, qui incarnent aujourd'hui à eux seuls toute l'opposition. Notre sondage les donne à 15,04%, en progression depuis les dernières élections. Mais en léger recul depuis notre dernier sondage. «C'est un score un peu décevant, estime Marc Dumoulin. Le discours écolo s'épuise un peu par rapport à l'enthousiasme que les Verts soulèvent habituellement hors période électorale. Et ils n'enregistrent pas vraiment de prime à l'opposition.»
Au total? Notre sondage donne la photo d'une Wallonie politique très stable. «Les opinions semblent être faites. On ne doit pas prévoir de grands bouleversements dans les mois à venir», prédit Marc Dumoulin.
+ Trois pages spéciales dans L’Avenir, Le Jour, Le Courrier de ce lundi 9 juin.