Le Ministère de la Région wallonne vient de refuser la demande de permis introduite par la société Immoster, de Beaufays, visant à la construction d'un parc de cinq éoliennes de 150m de haut sur le territoire d'Andenne et Ohey.
La décision de refus a été signée mardi par le fonctionnaire-délégué Marc Tournay et le fonctionnaire technique Annick Fourmeaux. Il s'agit d'une victoire à la fois pour les riverains qui s'étaient opposés à ce projet et pour les deux collèges communaux qui, également, avaient émis un avis défavorable.
Victoire qui n'est toutefois pas encore définitive. Le promoteur dispose en effet d'une possibilité de recours auprès du ministre Antoine. Or, on sait que celui-ci est favorable à la démultiplication des sites éoliens dans les campagnes wallonnes. Il pourrait toujours passer outre cette décision administrative et délivrer quand même le permis,
Le projet de la firme Immoster portait sur un site localisé rue Aux arches à Coutisse (Andenne) et rue Sur les Sarts à Perwez (Ohey). Une enquête publique avait eu lieu en janvier dernier, qui avait suscité de nombreuses réclamations, portant principalement sur l'impact paysager du projet. Les deux collèges communaux concernés avaient mis en avant la proximité des éoliennes prévues par rapport à certaines habitations (parfois moins de 350 mètres). La ville d'Andenne ajoutait des objections liées au passage répété de charroi et aux perturbations qu'entraîneraient les travaux de liaison électrique vers le poste de transformation de Seilles.
Le dossier était également affecté d'un avis défavorable de la CRAT (commission régionale d'aménagement du territoire), laquelle pointait du doigt une trop grande proximité par rapport aux habitations, ainsi que par rapport à un site Natura 2000 et d'autres milieux d'intérêt biologique. Il critiquait aussi un dépassement des normes de bruit.
Le conseil wallon de l'environnement et du développement durable (CWEDD) avait également donné un avis défavorable, pour les mêmes raisons (proximité d'habitations et bruit). Idem pour la direction de la Distribution d'énergie et pour la direction aéronautique du ministère des Communications, celle-ci estimant que le site retenu posait problème pour la navigation aérienne.