Si elle devient réalité, cette tour sera l'immeuble de logements le plus haut du pays.
Atenor avait déjà déposé en vain un premier projet dans ce sens. Mais selon le promoteur immobilier, il avait été recalé pour des motifs architecturaux.
Depuis lors, le dialogue a été ouvert avec la Ville de Bruxelles a précisé le promoteur, présentant le projet, mercredi, à la presse.
Atenor espère obtenir le permis de construire d'ici le mois de février 2009. Les travaux devraient, selon lui démarrer d'ici 2010.
Le site qui devrait la voir émerger longe le canal et le quai de Willebroek, face à Tour et Taxis. Il est actuellement composé de bâtiment industriels et d'un ancien immeuble de bureau.
Le projet d'Atenor dépasse largement la cadre de la tour de 37.000 m2 de logements. Il porte aussi sur la réalisation de 13.000 m2 de logements dans des immeubles-villas de 8 à 9 étages, 1.650 m2 de commerces, et 30.000 m2 de bureaux.
Atenor entend rester discret sur le montant total de l'investissement. Il devrait se situer dans une fourchette comprise entre 130 et 150 millions d'euros.
Le projet vise la mixité des fonctions (logements, bureaux, commerces, des services), une augmentation de la densité d'habitants, la qualité architecturale, et le développement durable, a expliqué Stephan Sonneville, administrateur délégué d'Atenor.
Cogénération, utilisation des capacités thermiques de l'eau du canal pour le refroidissement des immeubles, centralisation des équipements, isolation sont à son menu.
La tour du projet Premium ne serait pas plus la haute des quelque 135 tours que l'on dénombre à Bruxelles. Celle du Midi, qui abrite des bureaux perce parfois les nuages du haut de ses 150 mètres.
A Bruxelles, le monde politique et la population se sont longtemps montrés hostiles à la construction d'immeubles tours souvent associés à la période de destruction systématique de plusieurs quartiers centraux de la ville et de la percée des voies de pénétration dans la capitale sans souci du sort des habitants.
Il y a plus un an, le débat politique s'est rouvert avec prudence en commission du parlement bruxellois mais aussi à l'occasion d'un colloque organisé en octobre dernier par la secrétaire d'Etat au logement Françoise Dupuis sur le thème "De la maison unifamiliale à l'immeuble tour, quelle densité pour Bruxelles? ".
La secrétaire d'Etat elle-même n'avait pas caché son appréhension face à ce type de construction.
En janvier 2007, le ministre-président Charles Picqué avait quant à lui estimé que la réflexion devait en tout cas être menée à la lumière du défi numéro un du 21ème siècle: celui de l'environnement qui devrait engendrer un afflux important d'habitants dans les centres urbains.
En commission du parlement bruxellois il avait également souligné d'emblée son opposition à tout projet de nouvel immeuble tour concentrant du logement social. Il avait par contre soutenu l'ouverture d'un débat "sans tabou" sur cette option, face à la crise du logement, mais aussi sans faire l'impasse sur une "solide étude d'incidence".
Mercredi, l'Atelier de Recherche et d'Action Urbaines (ARAU) a estimé qu'Atenor semblait adopter la stratégie du fait accompli.
Rien n'a été décidé et ni la population, ni les autorités concernées n'ont encore été consultées, comme les règles le prévoient pour le futur Plan Particulier d'affectation de Sol pour la zone du projet Premium. Il n'y a encore eu aucune étude d'incidences, ni demande de permis d'urbanisme, a souligné l'association.