Pourquoi Michel Preud'homme quitte-t-il le Standard? La question amène plusieurs réponses, dont la plus évidente se situe au niveau de la durée du contrat. Le champion de Belgique proposait une saison de plus, là où l'Entraîneur de l'année en voulait au moins deux. Réduire la séparation à cette unique divergence de vue serait trop simple. Le Standard a ainsi écarté l'idée d'offrir plusieurs années de contrat parce qu'elle estime Preud'homme cher, près de 500.000 € net par an. La direction liégeoise, si elle était prête à revoir son salaire à la hausse, avait déjà dû «supporter» ce train de vie pendant au moins un an et neuf mois, quand MPH avait repris l'équipe au lendemain du limogeage de Johan Bosakmp, le 30 août 2006. Sans compter qu'avant d'être entraîneur, l'ancien meilleur gardien du monde était directeur technique des Rouches depuis 2002. Ramener le titre à Sclessin, 25 ans après, n'aura donc pas suffi...

Il sera intéressant, à ce sujet, de voir quelle sera la durée du contrat proposé au prochain entraîneur. Soit. Michel Preud'homme a fait savoir que le projet à court terme du Standard lui aurait permis, au mieux, «de faire aussi bien en championnat et de se qualifier pour la Ligue des champions». C'était sans lendemain assuré, et MPH ne le voyait pas ainsi. Pierre François a une autre vision des choses: «Ce n'est pas la durée qui a été décisive. On a fait un effort budgétaire pour une année, cela ne veut pas dire qu'il n'était pas possible d'aller plus loin. Au terme de la saison prochaine, si ça va, il aurait peut-être eu des propositions plus intéressantes encore. Il aurait aussi été en fin de contrat.»

Cette opposition résume assez les divergences qui ont existé entre la direction et le staff sportif, bien que chacun veut laisser l'impression de partir en «bons amis». L'amitié qui lie Michel Preud'homme à Lucien D'Onofrio est réelle, l'entraîneur l'a rappelé hier. Mais elle n'a pas interféré dans le rapport d'employeur à employé. Quand l'entraîneur demande un défenseur central polyvalent au moment du départ de Dupré, il n'est pas entendu. Plusieurs fois, pendant le deuxième tour, il a craint la blessure de trop, faute de banc. Souvent, il a rappelé: «Je fais le maximum avec le potentiel dont je dispose». Des messages à destination d'une direction dont il ne faut pas oublier qu'elle a su garder Fellaini, Defour ou Jovanovic après le mercato d'hiver. C'était aussi un effort.

Les relations entre MPH et Pierre François ont parfois été houleuses, aussi. L'entraîneur et le directeur général n'hésitaient d'ailleurs pas à se répondre par presse interposée. Dominique D'Onofrio a quant à lui toujours souffert du titre manqué en 2006, avec une certaine pression du directeur technique Preud'homme à l'époque. Ils ont inversé les rôles et à l'une ou l'autre reprise DD a plus souligné les mérites des joueurs que de l'entraîneur. Ce n'était pas totalement innocent.

Comme chacun l'a rappelé, «dans tout club il y a des tensions» et c'est peut-être ces vives discussions qui ont permis au Standard de devenir champion. Elles ont peut-être aussi pesé d'un certain poids dans le choix de Preud'homme de mettre un point (final?) à son union avec le Standard.

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