En 2015, aucun doute, une ville de Wallonie endossera le titre de Capitale culturelle européenne. Pourquoi pas Liège? C'est l'idée lancée par deux Liégeois, l'artiste plasticien Alain De Clerck et un jeune philosophe François Schreuer, rejoints aujourd'hui par de nombreux militants. Objectif: convaincre la Ville de Liège de déposer sa candidature avant fin décembre. Leur moyen de pression: une pétition lancée sur le web début mai. Et la mobilisation citoyenne prend une ampleur jamais soupçonnée. «On compte aujourd'hui 6 500 signatures, explique François Scheuer. Quotidiennement depuis peu, 700 personnes s'y inscrivent.»

Le militants sont persuadés d'une chose: Liège a toutes ses chances.

Mons, candidate officielle

Le hic: la proposition des deux Liégeois provoque bien des malaises. Et pour cause: à ce jour, seule la ville de Mons s'est portée candidate officiellement. Et celle-ci a déjà eu la bénédiction de la Communauté française en 2005 et de la Région wallonne en 2007. Alors que le cdH, le MR et les Ecolos liégeois semblaient favorable à l'idée, le maïeur Willy Demeyer (PS) et son groupe freinent des quatre fers, évoquant l'accord de 1999 au cours duquel Liège a renoncé à devenir capitale de la culture pour sauvegarder ses institutions culturelles. Par ailleurs, le bourgmestre rouge se trouve en bien mauvaise posture, entrant directement en concurrence avec son homologue montois, Elio Di Rupo, par ailleurs président du PS wallon. «On comprend la prudence de la Ville mais elle ne peut désormais plus ignorer l'engouement citoyen autour du projet, souligne Alain De Clerck. Le projet est risqué mais il y a tout à gagner.»

Forcing ce lundi soir

Lundi soir, ce sera le forcing. Lors du conseil communal à Liège, le noyau dur des militants, ainsi que tous les sympathisants, vont lancer un appel aux mandataires liégeois en leur remettant la pétition. Car il y a urgence... «Un comité doit être nommé et plancher au plus vite sur la constitution d'un dossier. Le choix de la candidature dépendra de la qualité du projet», insiste les deux initiateurs.

Quelle sera la décision de la majorité liégeoise, lundi? Difficile de s'avancer. «On sent que la pression est forte et que la détermination des socialistes s'effiloche», avance avec optimisme François Scheuer. Et s'ils essuyent un refus? «Nous avons encore beaucoup d'armes en réserve», assure Alain De Clerck.