L'idée d'enquêter sur le rattachement à la France est née de la crise politique. À l'époque, des théories diverses se croisaient. «Je me suis dit: il y avait 1,5% de rattachistes aux dernières élections. Allons un peu plus loin, c'est le moment pour explorer toutes les pistes», explique Danielle Welter. C'était tellement le moment que deux semaines après, la journaliste apprenait qu'Hervé Hasquin donnait une conférence sur ce thème, et martelait: «Quel est l'intérêt pour la France? Aucun!»

Après l'accueil chaleureux des Ch'tis, la journaliste de la RTBF s'est rendue à Paris et a été très surprise de l'ouverture des Français: aussi bien de l'homme de la rue, que du politique à l'Assemblée nationale ou du journaliste écrivain Alexandre Adler, qui plaide l'importance de ne pas laisser la Belgique à l'abandon.

Finalement, les plus frileux étaient les rattachistes eux-mêmes... de peur qu'on se moque. Et c'est vrai que leurs arguments, lors de la distribution de tracts à Givet étaient un peu courts. «Un groupe de lobbyistes a même annulé le rendez-vous qu'on s'était fixé, échaudés par une mauvaise expérience avec Envoyé spécial.»

C'est en Polynésie que se termine le parcours français de la RTBF. Pour explorer la thèse défendue par Daniel Ducarme d'une Belgique dans la France avec un statut identique à celui de la Polynésie: pays d'Outremer dans la république. «On s'est posé plusieurs fois la question du statut d'une Belgique "rattachée". La crainte qui revient le plus souvent, c'estcelle d'être englouti. Il y avait la thèse du statut de l'Alsace-Lorraine, celui de la Corse, plus autonome... Mais il ne faut pas développer trop de thèses, sinon ça devient vite rébarbatif.» La conclusion du reportage est: tant que la Belgique existe, la question ne se pose pas.Mais que ce soit seule ou vers la France, la Wallonie pourra rebondir.

La Une, 20.25