Denis Liebens, vous êtes chef de projet chez Idélux et vous planchez sur le parc scientifique d'Aye. Où en est-on?
Idélux a décidé de se doter du premier parc scientifique de la province. Le choix s'est porté sur 12 hectares de terrains à Aye, près de la N4, pas loin du comptoir forestier. On veut aller vite. Un plan d'aménagement du parc a été réalisé par le bureau Agua. On en est au travail de l'auteur de projet.
Les travaux vont commencer en septembre. On pourra déjà ouvrir le parc en 2009 à une entreprise qui serait pressée. On ne peut pas imaginer d'attendre que les douze hectares soient aménagés pour les inaugurer.
C'est quoi un parc scientifique? Un ghetto pour cerveaux?
Non. Il y a un cahier des charges précis et il existe la charte des Spow Science Parks of Wallonia (SPoW) qui réunit les parcs scientifiques wallons (N.D.L.R. Ils sont six parcs pour l'instant. Il s'agit de l'aéropôle de Charleroi, Créalys à Gembloux, Initialis à Mons, Les Science parks de Louvain-la-Neuve et de Liège et Qualitis à Enghien).
Ainsi ce septième parc wallon à Aye accueillera des entreprises issues de l'agroalimentaire et de tous les autres secteurs. On peut imaginer l'installation de sociétés de construction qui disposent d'un labo et mènent des recherches sur des matériaux par exemple. Par contre, pas question d'accueillir là une société du secteur de la construction qui ne ferait que du stockage ou de la logistique.
Quel est l'intérêt de s'installer dans un parc scientifique? Il y a plus de subsides?
Non, pas plus que si on s'installe dans un parc traditionnel. Par contre, c'est un lieu de concentration d'entreprises innovantes, de centres de recherche ou de laboratoires et d'universités. C'est bon pour la notoriété et l'image de marque des sociétés.
On parle aussi de la création d'un centre d'entreprises dans ce futur parc d'Aye. Cela sert à quoi?
On vise à y réunir de jeunes entreprises qui sont des spin-off (NDLR.: une société qui se crée pour développer un produit issu de la recherche. Ainsi à Marche, la société Beldico est une spin-off du Centre d'économie rurale de Marloie) et des spin-out (une entreprise créée une société pour exploiter une nouvelle technologie qui découle de ses activités). Dans ce centre d'entreprises, elles peuvent se rencontrer physiquement ou virtuellement. Cela favorise les échanges, l'expérience et pourquoi pas, la synergie entre entreprises.
On sait les exigences de Marche en matière d'urbanisme. Quelles ont été les contraintes?
Idélux et la ville de Marche entretiennent d'excellents rapports. Les contraintes sont élevées, mais n'impliquent pas des frais supplémentaires. On veut que ce parc scientifique soit beau, qu'il allie architecture du futur et espaces verts. Les chercheurs doivent se sentir bien et dans les premiers contacts qu'on a eus avec des entreprises, on a eu des éloges pour la beauté du site. En plus de cela, on a des exigences importantes en matières d'environnement. Les bâtiments devront être bien isolés. Le coefficient est très élevé. L'idéal, ce serait qu'ils soient équipés de panneaux solaires. C'est recommandé, pas exigé, car cela coûte cher.
Vous parlez de contacts. Des entreprises ont marqué un intérêt pour Aye?
Oui. Et pas seulement des sociétés locales ou de la province. On a eu des contacts avec des entreprises de bien plus loin. Plus proche, le centre d'économie rurale de Marloie (CER) se renseigne sur une collaboration.